Axe Abidjan- San Pédro – Opérateurs économiques, transporteurs, voyageurs… tous s’inquiètent


Parcourir la voie de la côtière qui part de Dabou à San-Pedro n’est pas chose aisée. A cause de la psychose des coupeurs de route qui sévissent, de jour comme de nuit. Des transporteurs et conducteurs rencontrés à la faveur de la rentrée commerciale Café-Cacao du Port Autonome de San Pedro ont fait savoir leur inquiétude.

Jeudi 05 novembre 2009, il est 07h50 mn lorsque nous quittions Abidjan pour la cité balnéaire qui abrite le second port de la Côte d’Ivoire. Au départ de la capitale économique, tout semblait rouler pour le mieux. Car, aucun heurt ni incident n’ont été constatés jusqu’à l’entrée de Dabou, ville située à moins de 50 km d’Abidjan. Mais une fois le deuxième corridor à l’autre bout de la ville franchi, nous nous trouvons ainsi sur la voie de la côtière, construite à coup de milliards de FCFA. C’est en ce moment, que ce voyage, au départ paisible, commence à devenir inquiétant. En fait, tous les voyageurs avaient peur de rencontrer des coupeurs de route qui ont fait de ce tronçon leur nid. Et le contexte du voyage étant la rentrée commerciale de la campagne Café-Cacao, il va de soi que les populations villageoises reçoivent des bouffées d’oxygène avec l’achat des produits bord champ.

Mais pour les voyageurs , la peur de rencontrer des coupeurs de route, réputés très actifs sur cet axe de 366 km, trottine dans les esprits. Et pour éviter de tomber dans les traquenards de ces bandits de grand chemin, les conducteurs communiquent entre eux à l’aide de code. Les astuces qui sont de mise, sont entre autres, les jeux de phares. Et cela, chaque fois que deux mini-bus se dépassent. M. Bamba, le conducteur du jour, se sent bien à l’aise dans cette communication.
« Quand je croise un camion ou un autre car, il faut que je me renseigne sur l’état de la route pour savoir s’il n’y a pas de danger à l’horizon », nous confie-t-il. Heureux jour donc pour ceux qui étaient du convoi. Car, aucun obstacle n’a été constaté.

Les raisons de la présence des coupeurs de route sur ce tronçon
Malgré le travail abattu par les militaires du GTSO (Groupement Tactique du Sud Ouest) pour sécuriser la côtière, il arrive que les malfaiteurs dépouillent, tuent les voyageurs et transporteurs de matières premières, avant de disparaître avec le butin.

La côtière est une voie d’accès au Port Autonome de San-Pedro et d’Abidjan. Malheureusement en moins de dix ans, le tronçon a connu une dégradation avancée par endroits, certainement due à la texture argileuse du sol sur lequel le bitume a été mis. Les ralentissements obligatoires des automobilistes à l’approche des nids-de-poule font des automobilistes des proies faciles pour ces malfaiteurs. Mieux, les gros campements tels Moussadougou, grand fournisseur de fèves de cacao et bien d’autres zones de grande production sur l’axe Sassandra -San-Pedro, ne sont pas à l’abri des agissements de ces bandits quelquefois munis de fusils d’assauts, de calibres 12 de fabrication artisanale.

 Si le statut de forte zone de production de Café-Cacao attire fortement les coupeurs de route en cette période de traite, l’intensification du trafic d’Abidjan à Tabou et vice versa en cette fin d’année en est une autre raison de la psychose des voyageurs. C’est d’ailleurs ce que précise Dame Affémi A., nigériane et commerçante à San Pédro. « Actuellement, on prépare les fêtes de fin d’année, mais quand tu viens à Abidjan pour faire tes achats, que ce soit la journée ou la nuit, tu confies ton sort à Dieu parce qu’en cette période, les coupeurs de route sévissent sur la. route, surtout après Fresco », confie-t-elle. Cette peur, les conducteurs de la gare routière à destination de Grand Lahou, Fresco, Sassandra ou Tabou, la vivent au quotidien. « En cette période, les coupeurs de route sont plus présents. Les voyages de nuit sont déconseillés. Car, en pleine journée si la chance n’est pas avec vous, vous pouvez passer un sale quart d’heure en leurs compagnies », déclare Coulibaly A.

Les souvenirs des grandes attaques sur ce tronçon ne sont pas aussi faits pour rassurer les voyageurs, même si les mesures draconiennes ont été prises pour enrayer les actions des bandits sur les routes. Toutefois, les forces de l’ordre veillent au grain face aux agissements de ces malfaiteurs sur les routes. Psychose des coupeurs de route…, une menace pour l’économie.

Le phénomène des coupeurs de route constitue une véritable menace pour l’économie. En ce sens que les investisseurs, les touristes, les commerçants ou simplement les voyageurs ne peuvent pas se déplacer en toute liberté. A chaque déplacement sur le tronçon Abidjan-Yamoussoukro ou Dabou-San Pedro, ils ont besoin de se faire accompagner par des hommes en armes. Car, au niveau de ces tronçons, les bandits de grand chemin sévissent de jour comme de nuit. Des actes qui n’encouragent pas les investisseurs à aller en dehors d’Abidjan pour détecter des opportunités d’affaires. Pour éviter d’être pris en otage ou se voir dépouiller par des coupeurs de route, tous préfèrent rester à Abidjan. Une ville déjà saturée. Pour faire face à ces criminels qui tuent l’économie sans le savoir, il est temps que l’on réagisse. Mieux, à défaut de mettre en place un cordon de sécurité, il faut renforcer les moyens du GTSO (Groupement Tactique du Sud Ouest), afin de lui permettre d’être plus mobile et efficace.

H.K & K.H

http://news.abidjan.net/article/index.asp?n=346737

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