#Madagascar – Entretien routier: Moins prioritaire que le marché pétrolier


La période des pluies arrive et va incessamment compliquer la circulation sur les routes dont l’état est de plus en plus déplorable.

Or, sur les 49,19 milliards Ar prévus pour l’entretien courant des routes nationales pour la période 2011-2012, le Fonds d’entretien routier (FER) ne dispose que de 25 milliards Ar. Ces données du ministère des Transports dénotent la faiblesse des moyens alloués à ce secteur. Elles expliquent aussi le mauvais état des routes nationales. Et quand on y ajoute la hausse des prix du carburant, les frais de transport ne peuvent qu’augmenter, surtout pour les marchandises. Si en 2011 en effet, le transport pour le trajet Antananarivo-Toamasina était de 80 Ar/kg, il est maintenant à 100 Ar/kg d’après le dernier numéro du magazine bimestriel « Expansion Madagascar » du Syndicat des industries de Madagascar. Car il faut noter que même les routes nationales les plus fréquentées comme les RN2 et RN7 comportent maintenant de nombreux nid-de-poule. Il arrive même que certaines routes nationales voient des pans entiers de chaussées partir en poussière. Le manque de ressources financières du FER et le blocage des aides extérieures pour les travaux routiers en sont la principale raison.

Certes, le pays dispose du FER pour l’entretien de ses routes nationales, mais même en période de paix, le manque de culture de l’entretien des dirigeants ne milite pas en faveur d’un budget national conséquent. Ce manque de culture est tel qu’au lieu d’augmenter le taux de la Redevance d’entretien routier (RER), l’Etat l’a révisé à la baisse. Ce taux se situe actuellement à 3,5% pour geler les prix du carburant à la pompe. Il était à 7% en 2008 et était prévu se situer à 8% en 2009 pour grimper à 10% en 2010. Si le gel des prix à la pompe a permis de maîtriser l’inflation, il faut toutefois remarquer que Madagascar figure toujours parmi les 20 pays au monde à avoir un indice de la faim « alarmant » en 2012. Avec Haïti, il affiche aussi le taux de pauvreté le plus élevé. Dans ce cas, l’on se pose des questions sur l’efficacité des mesures sur le gel des prix à la pompe. Rappelons que ces mesures portent sur la baisse du taux de la RER, laquelle contribue beaucoup à la détérioration du réseau des routes nationales. Il y avait aussi les subventions pour les compagnies pétrolières…

En fin de compte, l’Etat aurait dû opter pour d’autres solutions. Car apparemment, les mesures qu’il a prises n’ont bénéficié aucunement ni aux pauvres ni à l’économie nationale. En effet, le pays doit encore compter sur le retour des aides extérieures pour ouvrir les grands chantiers d’entretien courant des routes bitumées. Dans ce domaine, le coût est de 5 500 US$/km ou environ 11 millions Ar/km. Ce qui veut dire qu’avec son maigre budget, si le FER veut un entretien aux normes, il ne peut s’occuper que d’un peu plus de 2 200 km de routes bitumée pour 2011-2012. Le FER est pourtant censé entretenir 11 700 km de routes nationales. Dans ce cas, la qualité des travaux risque fort de ne pas être au rendez-vous.

Fanjanarivo

Vendredi, 26 Octobre 2012

http://www.lagazette-dgi.com/index.php?option=com_content&view=article&id=26698:entretien-routier-moins-prioritaire-que-le-marche-petrolier&catid=45:newsflash&Itemid=58

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