#Madagascar – Hausse des prix des tickets des taxi-be: Des positions dangereuses


La bourse ou la… hausse des prix. L’union des coopératives de transport urbain (UCTU) persiste et signe : la hausse des prix des tickets sera inévitable à partir du 1er novembre prochain, à moins que l’Etat n’accorde une subvention aux transporteurs. C’est ce que l’on peut retenir de la rencontre entre l’ATT (Agence des transports terrestres), l’association des usagers et l’UCTU, hier après-midi.

Comme prévu, le directeur général de l’ATT, Mamy Razakarivony, s’est entretenu avec les responsables de ces coopératives des transporteurs afin de leur apporter de plus amples informations sur le projet ASTUCE visant l’amélioration des services offerts aux usagers. Mais Andriambinintsolomora Bernardin, le président de l’UCTU et ses collaborateurs qui ne nient pas pour autant la pertinence du projet, estiment que leurs revendications passeraient avant les exigences des clients.

Comme si ces transporteurs avançaient : la hausse des prix d’abord, on verra la qualité des services après. D’ailleurs, le comportement des certains aides-chauffeurs (tous des voyous) ne font que le confirmer à l’image de cet incident qui s’est produit, hier après-midi même, à Tsiadana. Un jeune receveur de la ligne 166 reliant Antanimena et Ankatso ne s’est pas gêné de proférer des insultes à l’endroit d’une cliente. Cette dernière aurait mis du temps à descendre du bus, alors qu’un autre minibus de la même ligne était juste derrière.

Cela avait énervé le jeune homme qui n’a pas hésité à murmurer des gros mots lorsque la dame avait quitté la voiture. Les passagers qui se trouvaient près de la portière qui avaient entendu les insultes l’avaient remis à sa place en exigeant un minimum de respect vis-à-vis de ses passagers. Certains ont même fait allusion à la prochaine hausse des prix qui ne serait pas du tout la bienvenue tant que la qualité de service ne s’améliorera pas. Un incident qui témoigne de la tension qui se profilerait déjà entre les transporteurs et les usagers à quelques jours de la date fatidique du 1er novembre. Des usagers envisagent même de jeter des pierres aux bus qui vont passer à 2 000 fmg…

L’UCTU a été donc ferme sur ce sujet, mais les deux autres parties prenantes, l’ATT et l’association des usagers ne vont pas pour autant baisser les bras. D’autres rencontres devront avoir lieu entre ces entités cette semaine pour trouver un terrain d’attente. Personne n’en sortira gagnant, surtout pas les usagers, ni les transporteurs, si jamais ça tournait au vinaigre.

L’appréhension des usagers

La hausse du prix du transport en commun dégage une certaine appréhension chez les usagers. Sur les 3 millions de citadins qui vivent dans la capitale, les 2/3 utilisent ce service public. Et à deux jours de la date fatidique de la hausse du prix du transport en commun, les opinions restent mitigées. Beaucoup d’usagers se plaignent de cette situation. Une hausse de Ariary 100 net en l’espace de quelques mois de la montée du prix successif du carburant. Et depuis 2005, année de la dernière hausse du prix de ce service public, l’on se demande bien si la décision de l’Union des Coopératives des Transports Urbains (UCTU) est légitime. Avec la crise qui bat son plein, les revendications et les grèves du Syndicat des Enseignants et des Educateurs de Madagascar (SEMPAMA), tout se bouscule et le rythme s’accélère. Bref, chacun veut et voudrait profiter de la majorité silencieuse. Une majorité qui s’exprime doucement sur les ondes radio, fait appel aux différentes coopératives pour repenser à deux fois leurs agissements.

Les usagers ont leur raison pour dénoncer les pratiques de certains transporteurs et des receveurs. La qualité de service offert décline de jour en jour. Des véhicules en piteux état, aucun mécanisme de billetterie et de suivi pour les responsables de coopératives, une hygiène qui ne respecte pas les usagers et enfin des comportements qui frisent l’amorale. Des faits dénoncés tous les jours par des centaines d’usagers. Pourtant, la menace pèse actuellement sur la hausse de Ariary 400 annoncée il y a de cela un mois par les transporteurs. Njaka pointe du doigt ces agissements. D’Ambohitrimanjaka, il travaille à Besarety et pour cela, il doit prendre quatre fois par jour le bus. « Au total, je dépense Ariary 1 600 par jour pour le transport. Autant travailler pour les transporteurs dans ce cas » assène-t-il. Certes, un budget est alloué mensuellement par les familles pour le transport, cependant, il est difficile de ne pas réagir face à cette situation s’exclame Patrick, un coiffeur du côté du 3ème arrondissement. « Il faudrait penser à deux fois avant de prendre une telle décision. Il est normal d’augmenter les tarifs mais pas maintenant. La crise frappe de pleins fouets, avec cette hausse, la colère des usagers provoquera des dégâts considérables ». Des propos durs, insistant sur la possibilité de reconsidérer la décision des transporteurs. En attendant, les conditions de vie s’amenuisent, les écarts sociaux se creusent et la vie durcit. Au point où nous en sommes, seul un miracle pourrait nous aider ?

Simon R.

http://www.lagazette-dgi.com/index.php?option=com_content&view=article&id=26817:hausse-des-prix-des-tickets-des-taxi-be-des-positions-dangereuses&catid=57:la-une

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