#Madagascar : Infrastructures publiques: Le manque de maintenance coûte 2% du PIB


C’est un coût énorme puisqu’il représente environ 198 millions de dollars par an si l’on sait que le PIB de Madagascar est de 9 900 millions de dollars d’après les données de la Banque mondiale.

Ce montant est supérieur au versement du consortium minier chinois Wisco en 2010 pour l’accès au gisement de fer de Soalala. Pourtant, le régime de transition a englouti les 100 millions de dollars de Wisco dans des investissements non productifs et qui ne contribuent en rien à la lutte contre la pauvreté. Ce fléau touche pourtant 77% des Malagasy. Et le manque d’entretien des infrastructures publiques dont les routes, les centres de santé fait partie des facteurs qui accroît cette pauvreté. De l’autre côté pourtant, le Fonds d’entretien routier (FER) ne dispose guère de financement pour l’entretien des routes et notamment des routes nationales. Il tourne à 25% de sa capacité. Ce qui n’a pas empêché le régime en place de construire des grands hôpitaux qui ne profiteront pas aux pauvres. Ce qui ne l’a pas empêché de proposer d’importantes mesures financières pour les compagnies pétrolières pour éviter une série de hausses des prix du carburant à la pompe. Mais en fin de compte, ces mesures ne profitent pas aux pauvres, d’autant que ces derniers sont finalement obligés d’accepter la hausse des frais du transport.

Pour l’heure, les dépenses publiques vont dans des postes dont les activités ne correspondent pas toujours aux besoins des pauvres. Bref, le pouvoir en place emboîte le pas aux pouvoirs précédents en adoptant des stratégies qui n’ont rien de pro-pauvres. La preuve en est la compression budgétaire dans le domaine des infrastructures publiques. La Banque mondiale avance que ce problème hypothèque l’avenir. Dans sa dernière étude sur la situation socioéconomique, elle précise : « Les routes, l’accès à l’eau potable, et l’énergie resteront les éléments essentiels d‘une croissance rapide à long terme, et dans ces secteurs, les compressions budgétaires ont été tout simplement spectaculaires. Sur le long terme, les coûts futurs engendrés par le manque actuel de maintenance et de construction d‘infrastructures publiques pourraient atteindre 1,5 à 2% de la croissance annuelle du PIB. Pour chaque année de crise supplémentaire, les coûts de reconstruction d‘infrastructures dégradées ou non-entretenues ne feront qu’augmenter plus rapidement ». Rappelons toutefois qu’une bonne partie de ces infrastructures ont été construites et/ou réhabilitées grâce à des emprunts extérieurs.

Il faut donc les rembourser, alors que les infrastructures concernées ne rapportent plus grand-chose. Au contraire, elles sont dans un état lamentable et il faut les réhabiliter. La perte est donc double. En attendant, l’Etat ne dispose pas des financements nécessaires pour les gros travaux de réhabilitation car il a été quasi abandonné par les bailleurs de fonds. Hors crise, ces derniers financent jusqu’à 70% du Programme d’investissement public (PIP) dont la majeure partie est allouée aux infrastructures. Ce schéma est bouleversé par la crise. Le gouvernement compte pour 2013 sur un retour graduel des aides extérieures. L’année prochaine, il allouera 28% du PIP aux infrastructures. Mais sans un soutien conséquent des bailleurs, ce taux ne voudra rien dire en ces temps d’austérité budgétaire.

Fanjanarivo

Mercredi, 07 Novembre 2012

http://www.lagazette-dgi.com/index.php?option=com_content&view=article&id=26923:infrastructures-publiques-le-manque-de-maintenance-coute-2-du-pib&catid=45:newsflash&Itemid=58

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