#Madagascar : L’éternelle question de la pérennisation


Sur le website de l’ONG Lalana, on peut comparer l’évolution des visions de nos dirigeants sur notre réseau routier, à travers trois cartes de Madagascar. La première carte date de 1969, où le réseau routier national de l’an 2000 a été présenté par le Ministère de l’Equipement et de la Communication dans un document intitulé Dix ans d’équipement 1959 – 1969. Les deux autres cartes datent de 2005, et présentent les systèmes des routes nationales respectivement pour 2005 et 2015, selon le Madagascar Action Plan ou MAP.

Nous sommes en 2013, et il apparait que le pays n’a pas réussi à atteindre les objectifs que nos dirigeants visaient pour l’an 2000. Il apparait même que nous ayons régressé par rapport au linéaire circulable durant la première République, sur l’ensemble de notre réseau routier, faute d’entretien. Pendant au moins deux décennies, nous avons perdu 700 voire 1000 km de route par an, à tel point que la citation de Julius Nyerere, ancien Président de la Tanzanie, en prend tout son sens :

« Alors que les grandes puissances s’efforçaient d’atteindre la lune, nous cherchions les moyens d’atteindre nos villages…

Maintenant, les grandes puissances sont allées sur la lune et sont revenues, et communiquent même avec les étoiles… nous essayons toujours d’atteindre nos villages, et nos villages semblent de plus en plus éloignés. »

L’état de notre réseau s’est amélioré avec les nouvelles réglementations routières des années 90 qui désignent les responsables des routes, redéfinissent les responsabilités et instituent les moyens pour l’entretien. Il y eut aussi les vastes chantiers routiers de la 3ème République. Sur les routes rurales, l’équipe de l’ONG Lalana, du temps où elle faisait encore partie du Projet CAP /USAID, avait initié les systèmes locaux d’entretien (les Associations des Usagers des Pistes) devenus par la suite un modèle pour d’autres programmes nationaux.

Mais le travail effectué avec les élus en milieu rural a montré que les mêmes questions reviennent toujours sur la pérennisation des investissements et les dispositifs d’entretien. Lors d’une formation sur leurs responsabilités en tant que maître d’ouvrage routier, des maires avaient annoncé qu’ils auraient plutôt dû investir sur d’autres infrastructures à la place de la réhabilitation d’une piste : ils n’ont pas les capacités techniques, la structure adéquate, le schéma financier pour assurer la gestion et la maintenance de la piste. Nombreux parmi ceux qui ont persisté dans le choix des pistes ont préféré ignorer ces questions.

Depuis la crise politique de 2009, on a constaté une forte dégradation de notre réseau routier. Nous espérons tous que la reconstruction se fera à la reprise. Mais pendant que l’attention sera portée sur les grands travaux, il ne faudra pas oublier l’éternelle question sur la pérennisation.

Vero Razafintsalama

Editorial du bulletin Fantatro n°2 – Mars 2013

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