#Madagascar : « Un pays sous-développé est-il condamné à une sécurité routière défaillante et pénalisante pour ses habitants ? »


La route est l’une des infrastructures publiques la plus utilisée. Tout le monde y circule et chaque usager choisit son moyen de transport selon ses moyens, ses besoins, sa philosophie… Dans les pays développés, des règles et des dispositifs ont été mis en place pour une utilisation sereine des infrastructures existantes et pour limiter les accidents qui coûtent chers à l’Etat et aux usagers. Et pourtant, ils continuent toujours à renforcer la sécurité routière, et même les simples citoyens, la société civile et le secteur privé se mobilisent.

Les pays sous-développés ont besoin de suivre les expériences vécues par ces pays avancés en matière de sécurité routière. L’insuffisance des moyens financiers ne permet malheureusement pas d’avoir les infrastructures adéquates pour sécuriser la circulation, ce qui engendre des violences structurelles. Néanmoins, les actions d’information et de sensibilisation peuvent être renforcées car les comportements irresponsables des usagers ralentissent le développement, sans qu’on s’en rende compte : la réparation des infrastructures détruites lors des accidents constitue des dépenses supplémentaires pour l’Etat ; les véhicules abîmés entraînent un manque à gagner pour leurs propriétaires ; soigner les victimes constitue de lourdes charges pour leurs familles ; les accidents mortels portent des préjudices moraux et économiques aux familles des victimes ; les embouteillages engendrés par les accidents sont sources de gaspillage d’énergie et de temps de production…

Madagascar est un cas typique de cette sécurité routière sous-développée. L’état des véhicules, les comportements irresponsables et la déconsidération des agents de circulation sont les principales causes de l’insécurité routière à la fois dans les grandes villes et en milieu rural. Le mauvais état des routes est également accidentogène, mais on constate aussi l’accroissement des accidents sur les axes nouvellement réhabilités. Les conséquences des accidents corporels en milieu rural sont encore plus dramatiques : les possibilités de prise en charge médicales sont quasi-inexistantes et les victimes ne sont pas toujours dédommagées.

Mieux vaut prévenir que guérir. A Madagascar, serions-nous capables de mettre en place une sécurité routière efficace sachant qu’il y a toujours d’autres priorités pour le développement du pays ? On annonce la sortie pour ce mois de septembre, d’un nouveau code de la route dont la dernière version date de 1970. Mais la réactualisation des lois et la répression ne suffiront pas pour réduire les accidents et résoudre les problèmes qui en découlent. Il faudrait plutôt multiplier les actions d’éducation et d’interpellation comme celles menées par la société civile, comme les émissions radio de l’association Aro Lozan’ny Fifamoivoizana ou encore les jeux télévisés Lalana ? de l’ONG Lalana.

Les Nations Unies ont lancé pour 2011 – 2020, la Décennie d’action pour la sécurité routière dont l’objectif est de réduire de 50 % le nombre de morts sur les routes … et nous, faisons-nous assez d’efforts pour que les Malgaches fassent bonne route ?

Jessé Randrianarisoa

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