#Madagascar : « Le Genre, une approche efficace mais délicate »


La sous-représentation des femmes dans les travaux routiers faisait partie des préoccupations de l’ONG Lalana depuis ses toutes premières activités, lorsque l’organisation avait procédé à la réhabilitation de pistes rurales dans plusieurs Régions de Madagascar. Et c’était seulement vers 2001 que Lalana avait appris l’approche Genre : l’équipe avait reçu des formations sur l’intégration du Genre avec le Gender and Rural Transport Initiative (GRTI) de la Banque Mondiale et aussi la Formation pour le Genre et Développement (FORMGED) de l’Union Européenne.

Sensibilisée et convaincue par la démarche, Lalana l’a adoptée pour la mise en œuvre de ses actions de développement en associant le Genre et Route, le Genre et Transport Rural ou encore le Genre et Gouvernance. L’approche a été appliquée dans plusieurs projets comme les actions sociales en accompagnement aux travaux routiers, la promotion des moyens intermédiaires de transport, et les projets d’éducation citoyenne relatifs à la Démocratie et aux Droits de l’Homme.

Depuis la mise en place du PANAGED ou Plan d’Action National Genre et Développement, le terme Miralenta tend à se démocratiser. Il est malheureusement constaté que le Genre est encore assez souvent confondu avec le sexe, c’est-à-dire résumé à la dualité hommes-femmes. Pour de nombreux acteurs, et en particulier dans le secteur routier, son intégration se limite à tenir compte du nombre de femmes présentes dans les activités. Des efforts doivent toujours être développés pour faire comprendre qu’il s’agit surtout de considérer les inégalités créées par la société, la culture ou l’économie. Il s’agit avant tout d’un rapport de force et de pouvoir. Généralement, il a lieu entre l’homme et la femme, mais il peut également exister entre femmes ou entre hommes. On peut ainsi être confronté à une opposition entre femmes instruites et femmes illettrées ou entre paysans sans terre et paysans propriétaires terriens.

L’intégration du Genre est une démarche qui permet d’avoir plus d’efficacité dans les projets. La catégorisation des bénéficiaires et des groupes cibles permet de mieux cerner les problèmes existants et donc de mieux les traiter. En effet, les études socio-économiques et de Genre réalises au début des projets font ressortir que chaque catégorie concernée possède des besoins différents qui peuvent être des besoins pratiques ou relatifs à leur intérêt stratégique. Les actions à mettre en œuvre répondent ainsi à des besoins spécifiques d’une ou plusieurs catégories de bénéficiaires.

Cependant, il est extrêmement délicat de véhiculer l’approche Genre dans la société malgache qui est basée sur des valeurs traditionnelles, notamment le droit d’aînesse et l’hégémonie masculine. Malgré la vulgarisation de la notion de Genre, les hommes, les personnes âgées, les notables qui sont les tenants du pouvoir constituent, volontairement ou pas, des blocages à la promotion de l’équité de Genre. Mais il arrive aussi que ce soient les femmes elles-mêmes qui font blocage. Par respect de la tradition ou par peur du changement.

Holy Ralimamy

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