#Madagascar : Genre et Route


Vers les années 2000, les responsables des projets financés par l’Union Européenne avaient initié une nouvelle approche dans les projets routiers. Les aspects socioculturels et de genre étaient considérés comme l’un des facteurs devant assurer la viabilité et la préservation de la route par la population riveraine, en tant que patrimoine collectif. Les premières actions sociales et de genre, en accompagnement aux travaux routiers ont vu le jour. ONG Lalana avait participé à ces actions avec le Projet ASA Soa sur la Route Nationale 2 (RN2) et le Projet ASA Miaro sur la Route Nationale 6 (RN6).

Le défi était de résoudre les problèmes affectant la préservation de la route, d’atténuer les impacts négatifs et aussi de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des plus vulnérables. La combinaison d’une analyse de genre avec l’observation de l’interaction de la population avec la route a permis de déterminer les groupes cibles et les actions sociales à entreprendre.

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Projet ASA Soa. Une centaine de kilomètres et 6 Communes riveraines entre Brickaville et Toamasina sur la route nationale la plus fréquentée de Madagascar. Sur ce tronçon de la RN2, les étals et les petits commerces occupaient les emprises, affectant le réseau d’assainissement de la route. La pollution menaçait avec la multiplication des décharges sauvages. Les camions mais aussi les véhicules légers stationnaient dangereusement. Paradoxalement, les riverains avaient un problème d’accès à l’eau potable. Le passage de nombreux chauffeurs routiers combiné avec la précarité économique des femmes chefs de ménage a favorisé la prostitution ouverte ou sous une forme moins explicite.

Les résultats des études socioéconomiques et de genre ont amené l’équipe du Projet à cibler en priorité les femmes chef de ménage commerçantes. Les hommes transporteurs et les autorités ont aussi été considérées pour les actions sociales. Entre 2002 et 2005, le Projet ASA Soa a répondu à la fois aux besoins pratiques et aux besoins stratégiques des femmes chef de ménages commerçantes avec plusieurs actions : construction de points d’eau, développement d’activités génératrices de revenus et implantation de placettes de vente. Il a ciblé les hommes transporteurs avec les aires de stationnement, la sensibilisation sur le SIDA et sur la sécurité routière. Et les autorités ont été formées sur les procédures relatives aux permis de construire, et ont bénéficié d’un appui sur la gestion des décharges municipales.

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Projet ASA Miaro. Une zone pratiquement enclavée pendant des décennies a pu revivre avec l’aménagement de la RN6 entre Port Bergé et Ambanja. Le Projet a concerné 18 Communes riveraines sur un tronçon de 300 km. Il a duré 3 ans : de 2005 à 2008. Les problèmes constatés sur cette zone étaient plus nombreux à cause de l’enclavement prolongé, et aussi à cause du contexte culturel. On citera par exemple la déficience en infrastructures de base : eau potable, éducation, marché, santé. Les femmes n’ont pas le contrôle des revenus et subissent la pratique du moletry. La route en cours de construction était déjà menacée avec l’utilisation massive des charrettes. Les feux de brousse étaient fréquents dans la zone, causant la destruction des ouvrages pendant les cyclones. Les marchés envahissaient les chaussées et les camions encombraient la circulation.

ONG Lalana a utilisé plusieurs formes d’interventions pour les atteindre efficacement : des sketches, des émissions radio ou des affiches pour atteindre les riverains. Des guides et des ateliers pour les autorités. Des alternatives aux roues métalliques avec les charretiers. Replacement des marchés pour respecter les emprises. A souligner toutefois que c’est la préservation de la route qui a dominé les actions du Projet ASA Miaro. L’amélioration des conditions de vie des riverains voulue était traduite par l’apprentissage de nouvelles activités pour diversifier les sources de revenus. Les Communes de la zone nord du Projet avaient bénéficié de nouveaux bâtiments scolaires et celles de la zone sud ont reçu des points d’eau.

Le statut socioculturel inférieur de la femme a conduit le Projet ASA Miaro à mettre en œuvre une stratégie de communication à base communautaire en faveur de l’équité genre. Stratégie qui a porté ses fruits lorsqu’on a vu parmi les résultats, la légalisation des mariages de plusieurs couples parmi les bénéficiaires.

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