#Madagascar : « Droits de la Femme à Antsohihy »


Le projet Fantatro (2010 – 2012) de l’ONG Lalana, avait consacré plusieurs émissions sur les Droits de la Femme et l’équité de Genre. Ce projet qui est une action d’éducation de masse sur les notions de démocratie et de droits humains, ne s’est pas limité au jeu éducatif, mais avait aussi donné la tribune aux citoyens des Régions et aux responsables associatifs. Des personnes ressources locales ont dépeint un tableau peu reluisant de la situation des droits de la Femme dans la Région. Extraits.

Mme Joséphine, Responsable du Département pour la Protection des Femmes, des Enfants et de la Famille au sein du Ministère de la Population, nous parle des violences à l’égard des femmes.

"On peut définir les violences à l’égard des femmes comme toute forme de comportement dégradant à l’égard des femmes, que ce soit d’un point de vue physique, moral, financier, sexuel… Dans la Région Sofia, hormis les formes classiques de violence, comme les coups et les blessures, on rencontre fréquemment des cas où le mari, le chef de famille, a abandonné son foyer pour une autre femme. En outre, ici, il n’est pas rare que l’homme de la maison refuse de subvenir aux besoins de la famille, ce qui constitue également une forme de violence. Lorsque cela arrive, les femmes et les filles tendent à se tourner vers la prostitution comme moyen de subsistance. Le problème est que la grande majorité des victimes ignorent les possibilités de recours en cas de violence. Elles ne savent pas où aller ni quoi faire. C’est une des raisons pour lesquelles le Ministère de la Population fait régulièrement des descentes sur le terrain, dans les Fokontany, pour mener des actions de sensibilisation. Les victimes peuvent notamment approcher les autorités locales, la police ou la gendarmerie, prendre un témoin et porter plainte."

Mme Antonelisa Heritiana, Présidente de l’Association AEE Antsohihy, nous parle du droit au mariage.

"Un des principaux problèmes que l’on rencontre à Antsohihy est la perpétuation d’une vieille pratique, le "moletry", qui consiste à échanger les femmes contre des zébus. Pour valider l’échange, la femme échangée ne peut quitter son nouveau foyer pendant un an, peu importe ses conditions de vie. De plus, comme le nouveau "couple" n’est pas légalement marié, les hommes qui prennent part à ce genre de pratique n’ont aucun scrupule à tromper ou à délaisser leur "partenaire". Les femmes se retrouvent souvent seules pour élever leurs enfants, et sans ressources financières, elles acceptent de travailler dans des conditions misérables. Certaines vont jusqu’à se prostituer. Ce mode de vie a bien entendu des conséquences sur la vie du foyer et sur l’éducation des enfants. Dans l’association, nous intervenons pour aider les femmes dans cette situation, victimes du "moletry". Ceci étant, même avec notre aide, les mères de familles ne peuvent généralement pas avoir gain de cause au niveau du tribunal, dans la mesure où leur foyer ne repose pas sur des bases légales. Si le couple était légalement marié, la femme serait en position de faire valoir ses droits d’un point de vue juridique. Elle pourrait par exemple toucher une pension pour elle et ses enfants."

Mme Estera Rahelinirina, Directrice Régionale du Ministère de la Population, nous parle du droit au travail.

"Les femmes possèdent le droit de recevoir une assistance sociale. C’est-à-dire qu’une femme enceinte, par exemple, ou une femme qui vient de mettre au monde, ne peut être renvoyée de son travail, et son employeur doit lui octroyer un certain laps de temps, chaque jour, pour qu’elle puisse allaiter son nouveau-né. Dans la même optique, si son enfant tombe malade, elle a le droit de ne pas travailler, sans être licenciée, pour s’en occuper. Les femmes possèdent également le droit de toucher une retraite, comme les hommes. Elles ont le droit de se présenter aux élections, et le droit d’exprimer leur opinion quel que soit le sujet. Dans l’environnement du travail, il ne doit pas y avoir de discriminations entre les hommes et les femmes. Les personnes doivent être évaluées à partir de leurs compétences, et non de leur genre, et les femmes ont le droit de recevoir le même salaire que leur homologues masculins."

(NDLR Toutes les émissions sont en ligne sur le blog de Fantatro : fantatro.wordpress.com).

Recueillis par Johary Razafindratsita

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