#Madagascar : « Tana ville : Les chauffeurs de taxi ne galèrent pas »


Oui, la vie est plutôt chère pour la majorité des malgaches ces temps-ci. Mais il y en a qui se débrouillent et s’en sortent tant bien que mal. Les taxis drivers de la Capitale par exemple….

Quinze heures trente. Au volant de sa Peugeot 205, Haja Randrasana, un conducteur de taxi se gare devant une station d’essence, une passagère à bord. Rien de plus banal. Mais le règlement précise qu’avant d’embarquer un client, le chauffeur se doit d’assurer que sa voiture ait suffisamment de carburant. Un code que ce chauffeur expérimenté n’ignore pas. « Je suis un peu obligé d’enfreindre la loi » explique-t-il. « C’est une astuce qui me permet de gérer le carburant. Et de me protéger contre les voleurs de tout genre. Si la voiture est pleine, les malfaiteurs peuvent rouler loin et il serait difficile de les poursuivre. » Tout en stationnant, ce père de famille demande, sans hésitation à son client de payer son frais de transport. « Une technique pour évincer les arnaqueurs ». Il prend une quantité d’essence juste pour la destination du client et règle la note avec l’argent qu’il vient d’encaisser.

(c) peace-on-earth.org

L’avenue de l’indépendance ne désemplit pas de taxis

La connaissance de la ville constitue un atout pour ce métier. C’est un impératif même, si l’on ne veut pas perdre du temps dans les embouteillages. Quinze minutes de bouchon valent au moins, à titre indicatif, 3 500 Ariary. Le prix d’une course. Mahefa Razanamparany, un autre taximan jongle avec les chiffres tout au long de la journée. Car il doit dégager en premier, et les 12 000 Ariary la location du véhicule et les frais de carburant. Ce calculateur dévoile, un peu avec fierté qu’il gagne au moins 20 000 Ariary de bénéfice net par jour. L’équivalent du salaire d’un cadre moyen d’une société. « Certes, on ne roule pas sur l’or, mais on arrive à gagner notre pain quotidien », ajoute ce quadragénaire passionné par son métier.

Reconversion plutôt réussie. Ils se comptent environ au nombre de 8000 dont une femme à exercer cette profession. Dans une première vie, les uns travaillaient dans les zones franches, les autres étaient des enquêteurs ou étudiants à l’université ou même, médecins. Obligés de survivre, ils sont tombés par hasard dans ce monde. Par contre, beaucoup ont choisi de se reconvertir en chauffeur de taxi par conviction. Luc Rabezafy conduisait des poids lourds. « Je préfère travailler dans un milieu stable, là où l’on est sûr de gagner si l’on travaille bien ». Même si l’emploi n’offre pas de couverture sociale, il permet de satisfaire les besoins de ceux qui l’ont choisi. Les chauffeurs de taxi reconnaissent qu’ils sont heureux. Ils ont du temps à consacrer à leurs loisirs et à leurs familles. Et ils ne connaissent pas le stress.

Nathalie Rasamison

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