#Madagascar : « Prendre le pousse-pousse à Tana, ce n’est pas du folklore »


Comme la nature, le transport peut aussi parfois avoir horreur du vide. Un service de transport intermédiaire un peu atypique a tout naturellement trouvé sa place dans une partie de la Capitale. Un moyen de transport si commun dans les villes de province est en train de reconquérir Tana : le cyclo-pousse.

Moment de répit à la station de cyclo-pousse, attendant l’arrivée massive des clients

Pour aller au travail, Andrianina doit changer trois fois de bus. Elle prend le premier à Ankadindratombo (près de Mandroseza), soit à 45 minutes de marche depuis sa maison. Avec ses chaussures à hauts talons, ce n’est pas évident. Heureusement que Rakoto et ses 54 collègues tireurs de pousse sont là, lui permettant de raccourcir ce trajet de 20 minutes. Cela lui coûtera 400 Ar le trajet de 3 min, ou 8 minutes s’il y a du vent…

Cela fait trois ans que les cyclo-pousses ont fait leur apparition sur ce tronçon Ambodivoanjo – Ankadindratombo, itinéraire qui croise le By-pass. Ce service de transport est très apprécié par les usagers car leurs quartiers ne sont pas desservis régulièrement par les bus. Les conducteurs de cyclo-pousse sont là tous les jours de la semaine, de 5h du matin à 8 heures du soir et ne connaissent presque pas de jour creux. Du lundi au vendredi, ils transportent les gens qui vont travailler, avec un trafic intense entre 6h et 9h le matin, et à partir de 17h le soir. Le weekend, c’est surtout pour aller au marché d’Ankadindratombo.

Le service est régularisé. Les cyclo-pousses affichent leur numéro d’enregistrement délivré par la Commune d’Alasora auprès de laquelle les propriétaires s’acquittent des droits et taxes. Les tireurs de pousse sont constitués en association et se relaient dans la journée et durant la semaine pour assurer le service, sous la surveillance d’un pointeur qui enregistre les tours. Ils ont leur permis de conduire rose comme pour les voitures. Avec même un volet pour les infractions.

« Il n’y a point de sot métier », disait le proverbe, les tireurs de pousse peuvent être fiers de leur permis de conduire

Malgré ses vêtements usagés, Rakoto dit en souriant qu’il gagne bien sa vie. Aucun des quinze tireurs de pousse que nous avons pu rencontrer ne se sont plaints. Ni de leur travail, ni de leurs conditions de vie. C’est assez inhabituel dans le contexte actuel. Ils sont tous souriants, fiers de ce qu’ils font et de leur permis de conduire. Les 5.000 Ar qu’ils doivent verser quotidiennement au propriétaire du cyclo-pousse, ils les gagnent habituellement dès 9h du matin. Le reste des courses de la journée constituera leur salaire du jour. Et même s’ils doivent prendre en charge les crevaisons et les petites pannes, certains rentreront avec environ 10.000 Ar ou plus par jour. C’est peu, assez ou beaucoup, c’est selon…

Vero Razafintsalama

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s