#Madagascar : « Lalana, en route pour l’environnement »


L’Union Européenne a intégré dans son Programme dédié aux Travaux Routiers, le thème des Actions Sociales en Accompagnement des travaux routiers. Les projets qui en découlent sont établis d’une part, pour améliorer les conditions socio-économiques de populations riveraines et d’autre part pour pérenniser les infrastructures routières nouvellement réhabilitées. La préservation de l’environnement le long d’axes routiers assure en partie leur pérennité, économise les dépenses destinées à leur entretien et décale la période de réhabilitation. Les actions de l’ONG Lalana sur la RN2 (Asa Soa) et RN6 (Asa Miaro) illustrent l’importance de la préservation de l’environnement pour une utilisation optimale de nos infrastructures.

Asa Soa, agir en milieu rural et urbain

A la fin de la saison de pluies 2001-2002, plus de 200 points d’éboulements ont été dénombrés entre Brickaville et Toamasina. La pratique du tavy, feux de brousse ou encore la production du charbon ainsi que du bois de chauffe contribuent à la dégradation de cette portion de route. Par ailleurs, la défaillance du système de gestion des déchets ménagers dans la ville de Toamasina entraîne le débordement des bacs à ordures et l’apparition de décharges sauvages le long de la route nationale. Pour faire face à cette situation, le Projet a engagé 4 actions à savoir, la protection des bassins versants, l’amélioration du paysage et construction de bacs à ordures sur le tronçon urbain de la RN 2 ainsi que la réalisation d’une étude impact environnementale de la décharge de la ville de Toamasina.

La réalisation des activités s’effectue toujours avec les différentes parties prenantes locales, d’où la mise au point d’associations aménagistes. Des sites sont aménagés le long du tronçon, ainsi que des pépinières de vétiver. Cette plante a permis aux riverains de protéger leur terrain et au FRAM de l’EPP d’Ambodisovoka de protéger la cour de l’école. Par ailleurs, des espaces verts ont été instaurés dans la ville de Toamasina en plus de l’aménagement de la piste d’accès de la décharge de Toamasina.

Asa Miaro, les feux de brousse en ligne de mire

L’axe Port-Bergé-Ambanja est riche en forêts, mangrove, plaines alluviales ainsi que les tanety. Du fait de la dégradation de la forêt dense sèche, la population commence à se tourner vers la mangrove pour satisfaire leurs besoins domestiques. Celle-ci est menacée par l’assèchement, l’ensablement et la perte de biodiversité. La pratique des feux de brousse figure parmi les traits caractéristiques et communs de toutes les localités entre Port-Bergé et Antsohihy. C’est un fléau aussi bien pour l’infrastructure routière que pour l’environnement dans sa globalité. Malgré les efforts déployés pour les éradiquer, ils sont toujours pratiqués, soit par les voyageurs en taxi-brousse soit par la population locale. Même si les Dina existent pour limiter les dégâts, leur application ne résout pas le problème qui vise uniquement à éteindre les feux, sans chercher à punir le responsable. Parmi les autres responsables de la dégradation de l’environnement dans la zone nord de l’île on note le déséquilibre entre la délivrance du permis de coupe et la reforestation, mais également la pratique du tavy. Ces problèmes engendrent l’érosion et les phénomènes de lavakisation sont constatés dans certains endroits.

Quatre sites d’intérêt écologique ont été répertoriés dans la zone d’influence de la RN6 : la Réserve Forestière de Bora, la Mangrove de la Loza, la forêt dense sèche d’Andolokova (Maromandia), ainsi que la Réserve Spéciale de Manongarivo. Afin de protéger ce Capital, des initiatives de préservation sont mises au point avec la participation des Comités Locaux de Base (CLB ou VOI en malagasy Vondron’Olona Ifotony). Des Comités de Lutte contre les feux de brousse sont parallèlement formés au niveau de certains fokontany entre Anjiamangirana et Port-Bergé. Les formations portent non seulement sur la lutte contre les feux de brousse mais aussi en matière de textes réglementaires punissant les récalcitrants.

Des séances d’information/sensibilisation ont été réalisées pour encourager la population à préserver l’environnement. Dans le cadre de la lutte contre l’érosion, avec la collaboration du fokonolona, des plants de ravintsara ont été cultivés sur le talus de Marovato, Ambovomamy et Ampombaty. Pour remplacer les mangroves détruites, des jeunes plants sont repiqués à Marovato Sud et à Djangoa. A la suite des doléances de la population riveraine de la RN6, l’équipe du projet a initié les riverains sur les techniques d’établissement de pépinières, afin que les travaux de reboisement puissent être maintenus. Des protections de talus ont été faites avec la participation des élèves des écoles à Ambalafamainty et à Betsimipoaka. L’embellissement a récolté de bons résultats notamment avec Ambovomamy qui a détenu le titre de village vert.

Ferdinand Razanaboaharimanana

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