#Madagascar : « Mon parcours au quotidien »


D’une manière générale, l’homme ne se soucie guère ni de la dégradation de son environnement ni de son impact néfaste sur sa santé. A observer son comportement, on peut dire qu’il aime vivre le présent sans se préoccuper de ce qui va se passer dans un futur proche. Si des actions ne sont pas entreprises d’ici tôt même si un adage local le décrit directement « Izay mamafy rivotra hijinja tadio».

A travers ce récit, je vous invite à découvrir les formes de contamination de l’environnement auxquels je suis exposé quotidiennement et qui pourraient nuire à notre santé et à notre qualité de vie à tous. Je suis réveillé par le bruit d’un vieux camion mal entretenu de mon voisin. L’oxyde de carbone qui s’en échappe envahit la chambre entière, plongée dans une épaisse fumée. L’inhalation de ces polluants peut nuire gravement à la santé. Nous avons du mal à respirer, les bronches se serrent, provoquant une toux répétée. Dans la ville d’Antananarivo, le nombre de personnes souffrant de problèmes respiratoires a atteint des proportions alarmantes. La fumée irrite nos yeux et nous force à nous lever malgré nous.

Quelques heures plus tard, je sors de chez moi et passe devant le canal Andriantany qui est l’un des importants canaux d’évacuation des eaux usées et pluviales. Celui-ci sert également à irriguer les rizières de l’agglomération d’Antananarivo. Le canal Andriantany est un canal primaire qui traverse le cœur de la capitale en passant du côté de 67ha sud et d’Ampefiloha, qui hélas est devenu un lieu macabre obstrué par les ordures ménagères, les bouteilles en plastique ainsi que les cadavres d’animaux. Les mauvaises odeurs y abondent sans parler de l’invasion des jacinthes d’eau, plante herbacée aquatique, tropicale et vivace, originaire d’Amérique du Sud. Cette plante pousse si abondamment dans le canal qu’elle perturbe le fonctionnement des rigoles d’irrigation même si les scientifiques ont montré qu’elle possède un bon potentiel d’absorption des substances polluantes de l’eau. Comble de tout, un monsieur surgit de l’eau, « Oups, un pécheur !!! Qu’est-ce qu’il va en faire de tous ces poissons ? » C’est à vous chers lecteurs d’y répondre.

Le mauvais état des infrastructures est un signe de la mauvaise gestion de la salubrité de la ville

A quelques pas de là, une benne à ordure de la Commune Urbaine plein à ras-bord dont en passant, la fréquence de l’enlèvement laisse à désirer, s’expose sur le chemin public. Le vent souffle et emporte avec lui les déchets légers tels les sachets en plastique, les papiers et les cartons, et à nouveau cette odeur nauséabonde qui se répand dans l’atmosphère. Avec les recycleurs qui fouillent sans cesse et espèrent y trouver un trésor, les ordures s’entassent partout. C’est le fruit de la mauvaise ou quasi-absence d’une politique de gestion des déchets et la pauvreté de la population. Cette situation peut accroître les épidémies comme la peste ou encore la diarrhée.

Je descends du bus à Ampefiloha pour rejoindre Mahamasina. Ce trajet, je le fais à pied et en passant par le lac Anosy, bruit et calme sont deux extrêmes qui le caractérisent, hélas devenu un lieu de défécation. C’est un arrêt régulier pour les bus, à partir de 7h30 la foule grossit, de plus en plus de personnes pressées de rejoindre ces activités quotidiennes. Les marchands ambulants envahissent le jardin d’Anosy puisque les écoliers et les employés pressés d’arriver à l’heure se hâtent. Les petits gargotiers installent leurs stands et préparent le menu du jour, on y trouve aussi des livres d’occasions, des friperies etc. une vraie brocante ! Les arnaqueurs s’installent pour attirer les badauds.

Tout ce petit monde rejoint le bord du lac pour faire ses besoins, sur un trajet de 500 mètres on n’arrive plus à respirer l’air pur du jardin. Il faut accélérer ses pas pour ne pas être asphyxié par les odeurs nauséabondes malgré le fait qu’une latrine publique pas chère est sise pas très loin. Une sensibilisation intense sur l’hygiène et l’assainissement de la part de nos concitoyens s’impose. Pour terminer mon périple, je prends le bus à Mahamasina pour regagner Manakambahiny. Le long de ce parcours, ce sont les camions bennes du service de maintenance de la ville qui font la collecte de déchets et encombrent la route. Souvent les filets de couverture sont inexistants ce qui ne fait qu’éparpiller les ordures qui viennent d’être enlevées.

Ratsima Harinjato

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