#Madagascar : L’envers du décor : la pollution vue par les touristes


Madagascar est souvent présenté dans les guides et autres revues touristiques comme étant l’un des pays les plus riches au monde en termes de biodiversité, de variété des paysages, et d’espèces endémiques. Plus de 300,000 touristes visitent ainsi la Grande Ile chaque année, constituant une source de devises devenue incontournable pour le pays. Pour autant, les grandes agglomérations urbaines de l’île sont notoirement sales et polluées. En particulier, Antananarivo, au cours des dix dernières années, a été maintes fois citée dans différentes études parmi les cinq villes les plus sales et les plus polluées du monde. Pour les habitants de la ville des milles, cette pollution est une réalité avec laquelle ils doivent conjuguer sur une base quotidienne, et bien que dérangeante, l’indignation a souvent fait place à la résignation. Mais qu’en est-il de nos précieux touristes, quelle appréciation portent-il par rapport cette pollution? Ci-dessous quelques extraits d’un sondage réalisé par l’ONG Lalana.

Les ordures qui jonchent les rues dans les agglomérations sont généralement à l’origine des odeurs désagréables décriées par les touristes.

 

Marc, 67 ans, retraité, Saint-Denis de La Réunion.

« A Tana, la pollution est partout, on se sent vraiment oppressé. J’ai l’impression que c’est l’affaire de personne, tout le monde s’en fout et les gens continuent de jeter leurs ordures par terre sans que personne ne réagisse. De plus, j’ai remarqué que la communication sur la pollution est inexistante, c’est véritablement problématique si on espère du changement de ce côté-là. […] En parlant avec un collègue, apparemment le nombre de cas de bronchiolites chez les nourrissons a considérablement augmenté ces dernières années, en raison de l’air très pollué en ville, mais les autorités ne semblent rien faire. […] Personnellement, Je trouve très choquant qu’on puisse fumer dans les endroits publics. Parfois on s’étouffe tellement que c’est insupportable, il n’y a nulle part où se réfugier. »

Morgan, 24 ans, masseur kinésithérapeute, Paris.

« Je suis à Madagascar depuis trois semaines maintenant. D’une manière générale, il y a vraiment beaucoup d’odeurs désagréables en ville, autant à Tana qu’à Tuléar où j’ai passé quelques jours. A un moment à Tuléar, ça sentait vraiment les égouts à ciel ouvert en plein centre-ville. […] Les sacs plastiques semblent être un véritable problème également, autant en ville que sur les plages. Les gens les jettent n’importe où, et ne semblent pas être conscients du fait qu’ils ne sont pas biodégradables. Il reste beaucoup à faire au niveau éducation de ce côté-là. […] Au final, niveau pollution, j’ai été surpris dans le bon sens, surtout pour Tana, je m’attendais à pire par rapport à ce qu’on m’avait dit. »

Charles, 85 ans, retraité, Pau.

« Je viens à Madagascar régulièrement depuis 1998. […] C’est très pollué ici, surtout les voitures. Chez nous, en France, le parc automobile a été changé à 95%. Ils nous donnaient même des primes pour acheter des voitures neuves, et remplacer les vieilles voitures plus polluantes. Ici, les voitures qui fument, c’est intenable, ils se prendraient PV sur PV s’ils étaient en France. Il n’y a aucun effort pour contenir cette forme de pollution à Madagascar, c’est bien dommage. Et puis, le bruit, là non plus il n’y a aucun effort. Les voitures roulent sans silencieux, les motos c’est encore pire. A Pau, d’où je viens, c’est très silencieux, ils vérifient que les voitures soient bien aux normes, et la vitesse est limitée. Ça n’existe pas ça ici. »

Jessica, 25 ans, aide-soignante, La Rochelle.

« On a passé les deux derniers jours à se balader dans la Capitale. […] C’est vrai que c’est très sale dans certains endroits, on nous avait prévenus que Tana était particulièrement pollué. Mais il y a un certain contraste entre les quartiers de Tana. D’un côté, tu as les ordures par terre, tu ne vois que ça, et puis tu as la pauvreté à tous les coins de rue, avec des enfants qui jouent en plein milieu des ordures. Et puis, de l’autre tu as des quartiers où c’est très propre, très beau, très calme, avec des gens bien habillés. […] En général, c’est sûr que c’est beaucoup plus pollué qu’à La Rochelle, mais la pollution que nous avons vue est essentiellement due au niveau de vie. Je trouve que la pollution automobile est comparable à celle d’une ville comme Paris, et la pollution sonore n’est pas pire ici non plus. Par contre, il y a énormément plus d’odeurs désagréables à Tana. »

Propos recueillis par Johary Razafindratsita

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