#Madagascar : « Les pénibles déplacements des handicapés en bus »


On estime que la majorité des personnes vivant avec un handicap (98%) sont des personnes vivant dans des situations économiquement vulnérables. Ils habitent dans les quartiers où les infrastructures collectives sont souvent délabrées. Tout au long de leur chaine de déplacement, les handicapés, tant moteurs que visuels doivent relever plusieurs défis avant d’arriver à bon port.

Que disent les textes ?

Dans les textes règlementaires et législatifs, il n’y a pas d’obligation juridique plus forte si bien que la mise en place des équipements d’accessibilité dépend trop de la disponibilité des moyens. Ainsi, l’Article 9 de la Convention Relative aux Personnes Handicapées recommande aux Etats parties d’assurer aux personnes handicapées l’accès à l’environnement physique et aux transports. L’Article 20 de la Convention suggère la mise au point « des mesures efficaces pour assurer la mobilité personnelle des personnes handicapées, dans la plus grande autonomie possible ».

« L’accessibilité aux personnes handicapées est la possibilité pour les personnes handicapées d’accéder à un lieu physique ou à des informations. »

Se déplacer en bus : entraves ou accessibilité pour les handicapés ?

Les handicapés moteur peuvent être classés en fonction des équipements utilisés : les personnes utilisant des béquilles appelées plus souvent autonomes et celles se déplaçant en fauteuil roulant, non autonomes. Ces deux types de personnes handicapées ont chacun leurs problèmes de déplacement.

Une fois arrivés à l’arrêt bus, Ceux-ci doivent surmonter des obstacles. La totalité des bus à Madagascar ne sont pas adaptés au déplacement de personnes présentant de handicap moteur. Les arrêts ne sont pas aménagés pour leur être accessibles. Ceux qui ont recours à la double béquille éprouvent de grosses difficultés pour monter dans le bus, ce dernier n’est pas équipé de rampe rétractable d’accès à bord ; à l’intérieur, il n’y a pas de place réservée, facilement accessible non loin de l’entrée, il est souvent obligé de rejoindre un siège vide en parcourant le couloir étroit. La place réservée pour les personnes utilisant un fauteuil roulant n’est pas encore à l’ordre du jour dans le bus. Sans l’aide de leur entourage, elles se servent de leurs bras pour pousser leur fauteuil pendant leur déplacement. Dans ce cas, elles utilisent la chaussée où les risques d’accidents sont très élevés. Les personnes déficientes auditives éprouvent le moins de difficultés pour se déplacer en bus. Seule la méconnaissance du lieu de descente où elles ne sont pas familières pose des problèmes car elles n’entendent pas les annonces verbales du receveur ; même si tous les bus sont munis de plaques annonçant les destinations, aucun d’entre eux, par contre, ne dispose d’annonces visuelles permettant de connaitre le prochain arrêt.

Aux heures de pointe, les difficultés des handicapés pour entrer dans un bus sont décuplées

Tout comme les handicapés moteur, les handicapés visuels connaissent, eux aussi, de grosses difficultés pendant leur parcours jusqu’à l’intérieur du bus. Avant même d’arriver à l’arrêt, ils ont à affronter des problèmes de déplacement sur le trottoir dont les dimensions ne suivent pas les normes (1.50 m) sans parler des dalles découvertes partout et certains poteaux électriques qui sont érigés au milieu du trottoir. Si la canne blanche les aide dans leur mobilité, l’envahissement des abords de rue par les marchands complique encore les choses. Une fois à l’intérieur du bus, ils ont recours à l’aide d’un passager ou le receveur pour trouver une place disponible. Pour le paiement de frais, les non-voyants ont du mal à distinguer les billets d’argent puisque leurs dimensions ne diffèrent pas bien sauf les 100 Ariary.

« Quelques chiffres : 10% de la population de la planète sont des handicapés soit 650 000 000. Les 80% se trouvent dans les pays du Sud. »

En plus, la non-accessibilité de chaine de déplacement entraine une exclusion plus vitale des handicapés car l’accès à un emploi est presque impossible pour eux.

Les aménagements actuels des arrêts pour les lignes pilotes dans la Ville d’Antananarivo devraient être une occasion pour les responsables municipaux de contribuer au respect des droits des handicapés pour rendre accessibles certains arrêts, ne serait-ce qu’en partie. Hélas, ce n’est pas encore le cas ! A quand les textes législatifs et règlementaires plus contraignants en faveur des améliorations de mobilité des handicapés ?

Entretiens avec Mr Jean Claude de l’association Faniry et Mr Naina de Handicap International

Recueillis par Ferdinand Razanaboaharimanana

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