#Madagascar : « Rues de Tana, les handicapés en danger »


Toute personne, qu’elle soit valide ou pas est obligée de sortir de sa zone de confort pour aller au travail ou à l’école, faire ses courses, consulter le médecin, régler ses impôts, visiter sa famille, etc… Rares sont les tananariviens handicapés qui disposent d’un véhicule personnel pour leurs déplacements. La majorité de nos infrastructures, même les plus simples comme les marchés ne permettent pas une aisance d’accessibilité pour les personnes handicapées.

Route ou trottoir

Les trottoirs d’Antananarivo sont pour la plupart étroits et parsemés de nids de poule : marcher en ville est un parcours du combattant pour un handicapé moteur ou un malvoyant.

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L’état de nos routes est dangereux même pour un passant valide

Les piétons sont de plus en plus obligés de marcher sur la chaussée étant donné que les automobilistes ont pris pour habitude d’utiliser les trottoirs comme parking. Ces derniers étant très prisés pour le commerce de véhicules d’occasion. Des règles d’occupation des trottoirs et des parkings existent-ils à Tana ?

Selon les normes, les trottoirs doivent avoir au moins 2 m de large pour un croisement confortable entre deux piétons. Une surface de 1m40 x 1m70 est nécessaire pour qu’une personne en fauteuil roulant puisse effectuer une giration de 180° et une aire de 1m40 x 1m40 pour une rotation de 90°. A Madagascar, les réalités sont loin d’avoisiner ces dimensions. La maintenance, la réhabilitation ou l’aménagement des trottoirs est-elle prévue un de ces quatre à Tana ?

Les deux-roues tu éviteras

Marcher en ville est devenu réellement dangereux. Les piétons, en se faufilant entre les véhicules stationnés et en marche risquent à tout moment un accident. A cela s’ajoute l’incivilité croissante des motards et scootéristes qui menacent d’écraser les piétons en empruntant les trottoirs lors des embouteillages. Des règles de circulation des motards et scootéristes existent-ils ?

A cela s’ajoute les ordures qui à certaines heures de la journée, débordent sur les trottoirs et obligent les piétons descendre sur la chaussée, les dalles qui manquent souvent, l’absence d’éclairage la nuit.

La plupart des tananariviens handicapés ne peuvent ainsi circuler sur les trottoirs de la ville sans courir un risque très élevé. Ils deviennent ainsi dépendants de leurs proches qui n’ont pas toujours la possibilité de les aider quotidiennement. Ces personnes passent l’essentiel de leur temps cloîtrées à la maison. Mais en tant qu’être humain, peut-on vivre dignement ainsi ?

Jessé Randrianarisoa

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