Eliakim : Les voies d’accès ne tiennent plus la route (Midi Madagascar)


Il faudra du temps et des moyens colossaux au régime pour rétablir complètement toutes ces routes nationales endommagées ou coupées suite au passage d’Eliakim, car le rafistolage ne suffira plus. Cette fois-ci c’est du lourd, « au propre comme au figuré ».

En effet outre les 50 872 sinistrés et les 21 décès à son actif, la forte tempête tropicale Eliakim a aussi gravement endommagé, voire coupé, les routes nationales (RN) malgaches, déjà tristement célèbres pour leur état de délabrement avancé. Selon le ministère de tutelle au moins six RN ont été sévèrement frappées par Eliakim, sans parler des éboulements des terrains alentours (comme ces deux éboulements de terrain sur la RN2 (reliant Toamasina à Antananarivo), mais également ceux survenus à Bealanana. Certes, les conséquences des intempéries sur les infrastructures routières peuvent être imprévisibles, mais elles ne sont nullement inévitables. Elles auraient pu être davantage atténuées si les infrastructures routières étaient moins vétustes et mieux construites. Cependant, la proactivité ou les compétences de l’Etat ne sont pas les seules à remettre en cause. Les communautés locales ont également leur part de responsabilité, pour ne parler que des éboulements par exemple. Ces derniers auraient pu être atténués, si le taux de déboisement sur la RN2 n’était pas aussi important et si les populations avaient pris les dispositions pour s’y préparer un tant soit peu, surtout suite aux éboulements d’Ampamarinana ayant secoué la capitale.

Constats et conséquences. Ces six RN endommagées sont, par ordre de gravité des dégâts : la RNP 6 notamment à Beramanja (belle femme) qui ne porte plus bien son nom (reliant la région Sofia à la région DIANA), la RN5 (régions Atsinanana et Analanjirofo), la RNP 2 (notamment les portions reliant Moramanga à Toamasina : Ambatotsonegaly et son éboulement spectaculaire) ; la RN32 (Befandriana- Mandritsara), mais aussi la RN23 (reliant Mahanoro et Marolambo). Toutes sortes de dégâts imaginables sur ces RN, ont été au menu : éboulements, radiers emportés, ponts coupés, effondrés, ou contournés, route inondée, route emportée par la crue, etc. Et cette liste n’est pas exhaustive. Pourtant, les conséquences socio-économiques de la détérioration du réseau routier de Madagascar sont nombreuses. Notons entre autres, le blocage des marchandises et autres produits économiques acheminés par voie routière. Mais la population le paie également cher, car l’approvisionnement des produits maraîchers et des produits de rente s’avère mille fois plus compliquée et se solde par une flambée des prix ; comme ce qui se passe déjà à Ambanja, Ankify Doany, Ambilobe, Nosy-Be et même Diégo Suarez – où on ne marchande pas !-, ou encore plus à l’est à Maroantsetra où le prix des tomates et du riz atteint des sommets (plus de 5 500 Ar le kilo).

Luz Razafimbelo

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