L’AMELIORATION DU SECTEUR DES TRANSPORTS ROUTIERS, UN GRAND DEFI POUR MADAGASCAR

Environ 90% des transports à Madagascar se font par voie terrestre et pratiquement la quasi-totalité des transports terrestres se font par voies routières. Le secteur des transports routiers tient donc un rôle primordial dans la vie de la nation et est garant de la mobilité des Malagasy et du développement du pays.

L’importance des infrastructures routières

L’existence des infrastructures routières, fonctionnelles et efficaces permettent à la population d’accéder facilement aux lieux de travail, à l’éducation et aux services de santé, mais surtout, à l’amélioration et à la rentabilisation de la production agricole dans le milieu rural. Le constat est que l’état piteux des routes à Madagascar augmente les coûts des services de transport et les charges d’entretien des moyens de transport. Rares sont les malgaches propriétaires de voitures neuves, et aucun transporteur ne fournit de services répondant aux normes et accessible financièrement à la majorité de la population. En plus des accidents se multiplient sur les routes.

En prenant le cas du District d’Anjozorobe situant au Nord-Est de la Capitale Antananarivo, la ville d’Anjozorobe, chef-lieu du District, est connectée à la Capitale par la route goudronnée de la RN 3 d’une distance de 100 Km et le frais de taxi-brousse s’élève à 4.000 Ar. Cependant le frais entre Antananarivo et Ambatomanoina, Commune rurale du District d’Anjozorobe mais plus à l’Ouest de la ville d’Anjozorobe, est de 10.000 Ar avec la même distance car 75% de la chaussée est en terre et dégradée. Malgré le nombre de voyages peu élevés réalisés par les taxis-brousse servant cette Commune rurale, l’entretien et la réparation des véhicules sont plus fréquents par rapport à ceux d’Anjozorobe.

Taxi-brousse Ambatomanoina Taxis brouses d’Ambatomanoina

La majorité des citadins se contentent actuellement de véhicules d’occasions faciles à bricoler et de scooters, et les ruraux essaient de conserver leurs vieilles charrettes et leurs vélos anciens. Les ménages arrivant à épargner optent pour l’acquisition de motos neuves de fabrication chinoise. Ce moyen de transport commence à se vulgariser car il est adapté à nos routes, se faufilant entre les nids de poule et les véhicules lors des embouteillages, et ne nécessitant pas de chaussées larges. La population rurale n’hésite pas recourir aux services des propriétaires de motos en cas de besoin urgent de déplacement, or les frais sont très couteux par rapport à leurs revenus : à partir de 30.000 Ar en moyenne pour un trajet de 35 Km. Les motos-taxis commencent à se développer actuellement à Madagascar, surtout en milieu rural, car c’est le seul moyen adapté aux endroits reculés.

Dans la Commune de Beronono (District d’Anjozorobe) à 150 de Km de la Capitale, inaccessible aux véhicules, le kilogramme du manioc séché est vendu par les paysans à 100 Ar au cours de l’année 2017. Ces maniocs séchés sont vendus au prix de 200 Ar dans la Commune voisine accessible aux camions, et à partir de 500 Ar dans les marchés d’Antananarivo. A cause des réseaux routiers non préservés et non entretenus, les intermédiaires, transporteurs et collecteurs, jouissent de bénéfices assurés et peuvent se développer, alors que les producteurs et les consommateurs subissent les prix imposés et y gagnent beaucoup moins.

Nombreux sont les élèves du primaire et les collégiens en milieu rural ne pouvant pas poursuivre leurs études secondaires car leurs déplacements pour rejoindre les lycées sont freinés par l’état des routes et l’insuffisance des services de transport. Les femmes ne peuvent pas accéder convenablement aux infrastructures socio-économiques de proximités car elles sont obligées d’y aller à pieds faute de moyens de transport répondant à leurs besoins.

Même les populations urbaines ont leurs lots de problèmes. Les employés des entreprises vont perdre en productivité en raison des retards des employés liés aux embouteillages, des retards de livraison… Avec le mauvais état actuel des routes en ville associé à la hausse prévue du carburant, les frais de transport risquent de devenir un réel problème pour tous. La situation s’est empirée depuis 2013.

La nécessité d’élaboration des schémas d’aménagement de transport

A cause de l’inexistence de stratégie et de vision pour la reconstitution des réseaux routiers, les Communes rurales à Madagascar sont isolées et confinées, et les Communes urbaines sont étouffées par les embouteillages.

L’amélioration de la mobilité de la population malagasy ne peut pas être séparée de la mise en place des schémas d’aménagement des transports répondant aux besoins évolutifs de la population tant en milieu urbaine qu’en milieu rural. La Charte routière existe depuis 1998 et il est mentionné dans cette Charte que chaque niveau de Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) devra avoir sa politique routière pour assurer la gestion et la préservation de ses infrastructures routières. Les lois sur la décentralisation ont été adoptées pour aider les CTD à prendre en main et à mieux gérer leurs infrastructures.

Un plan sectoriel routier a été élaboré dans le cadre du Plan National de Transport (PNT) en 2004. L’avons-nous appliqué et a-t-on procédé à sa mise à jour depuis ? Avons-nous favorisé l’aménagement du secteur des transports, en particulier le secteur routier, lors de l’élaboration des Plans Régionaux de Développement (PRD) et sont-ils à jour actuellement ? Quant aux Plans Communaux de Développement (PCD), a-t-on donné des moyens aux Communes, surtout en milieu rural, pour qu’ils puissent se pencher à l’amélioration de leur secteur de transports ? A-t-on pensé à coordonner l’ensemble de ces schémas d’aménagement de transports au niveau de chaque hiérarchie de CTD, et par où va-t-on commencer sans négliger les doléances prioritaires de la population de base ?

Il est important de renforcer la Décentralisation et la Déconcentration car force est de constater que la concentration de la décision au niveau central ne pourra assurer, à lui tout seul, l’entretien et la réhabilitation des 30.000 Km de réseaux routiers encore existant actuellement. Or Madagascar devra encore reconstituer les 20.000 Km perdus depuis 1960 et construire d’autres routes afin de garantir la mobilité de la population. L’implication et la collaboration de tous (publics, privés, OSC et surtout les citoyens) est à encourager pour préserver et reconstituer nos réseaux routiers mais, au préalable, nous devrons apprendre à connaitre, accepter et respecter les rôles de chaque partie prenante à savoir l’Etat, les Autorités locales, le Secteur privé, les Citoyens et l’OSC. Nous ne devrons pas attendre uniquement les aides des bailleurs de fonds car nous pourrons reconstituer petit-à-petit nos infrastructures routières, surtout les Routes Communales Rurales.

Cette année 2018 serait une année électorale et tous les citoyens, en particulier les producteurs et les consommateurs, devront s’intéresser de près aux programmes de chaque parti en terme d’actions claires et chiffrées pour l’amélioration et la reconstitution du secteur routier à Madagascar. Le Ministère de l’équipement du Maroc a élaboré son programme de modernisation de ses réseaux de transport pour 2035 avec les prévisions des coûts d’aménagement. Mais peu importe les chiffre présentés, les citoyens en tant que contribuables devront prendre connaissance des coûts des projets d’investissements routiers, et demander plus d’explication si nécessaire. Ils auront aussi à contribuer, en tant que citoyens responsables, à la préservation de leurs réseaux routiers.

Les autres pays, surtout les pays développés et quelques pays en voie de développement, réfléchissent déjà à la mobilité durable et ils adaptent les infrastructures routières, les moyens et les services de transport à l’atteinte des objectifs de développement durable et à la préservation de l’environnement sans oublier la sécurité routière. Madagascar tentera-t-elle de rattraper son grand retard en matière de développement de son secteur routier ou préfèrera-t-elle enrichir son parc de véhicules 4×4 ?

Jessé Randrianarisoa

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Midi Madagasikara : Talata-Volonondry : Un mort dans une collision entre une moto et une voiture

Sur la RN3. un homme a perdu la vie dans une collision entre un scooter et une camionnette double cabine survenue samedi après-midi dans la commune rurale de Talata- volonondry, district d’Antananarivo-Avaradrano. Le drame s’est produit dans un virage du fokontany d’Ambaniandrefana, soit au PK 26+900. Le motard aurait paniqué quand il a soudainement aperçu la camionnette venant en sens inverse de sa direction. Ainsi, il a perdu le contrôle du guidon de son scooter et a fini par une collision frontale avec la voiture. La violence du choc a propulsé le motard sur le talus et a tué ce dernier sur le coup. Sa moto a été réduite en un tas de ferrailles. Quant à la voiture, elle a été légèrement endommagée. La gendarmerie de Talata-Volonondry se charge de l’enquête.

T.M. (Midi Madagasikara)

Midi Madagasikara : Terrible accident à Moramanga : Un Sprinter fauché par un camion, sept morts et trois blessés graves

La Route nationale n°2 a été, une fois de plus, le théâtre d’un accident grave la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 février. La collision entre un taxi-brousse de marque Mercedes Sprinter et un camion a fait sept morts dont six tués sur le coup et trois blessés graves dont l’un a dû être évacué d’urgence à Antananarivo. Selon les informations, les victimes sont tous de sexe masculin. Le taxi-brousse, lequel est affilié à la coopérative Kofimanga, est parti d’Antananarivo pour rejoindre Toamasina. A l’entrée de la ville de Moramanga soit au PK102+800, le chauffeur a dû arrêter la voiture suite au problème survenu au niveau de l’un des pneus qui a explosé pour réparer celui-ci. Les 22 passagers ont alors profité de l’occasion pour prendre une pause. Ils étaient sur le bord de la route de leur voiture quand un camion semi-remorque en provenance de Toamasina se dirigeait vers le Sprinter avant de faucher ce dernier. Projeté par le choc, le taxi-brousse a chambardé. Puisque l’accident a eu lieu en ville, les habitants se sont vite rassemblés pour porter secours. C’était en ce moment que les secouristes ont constaté six personnes mortes sur le coup et quatre blessées. Evacuées d’urgence à l’hôpital de Moramanga, l’une de ces dernières a rendu l’âme quelques heures plus tard.

Vindicte populaire. Ce qui a fait tiquer les personnes qui sont venus à la rescousse des victimes de cet accident, était d’avoir remarqué que les occupants du camion, le chauffeur et son aide, ont disparu. Selon les explications émanant de  la gendarmerie qui se charge de l’enquête, ils ont quitté les lieux dès que l’accident s’est produit pour ne pas subir une vindicte populaire, fait fréquent dans un cas pareil. Pour se protéger, ils se sont rendus aux gendarmes qui faisaient du barrage à Antsirinala. Ainsi, ils sont placés en garde à vue à la brigade de la gendarmerie de Moramanga. Expliquant la cause de l’accident, le chauffeur affirme avoir perdu le contrôle de sa voiture à cause d’un problème de vision qui l’a soudainement frappé. En réalité, ce n’est pas la première fois qu’une tragédie de ce genre s’est produite sur cette portion de route, entre Andranokobaka et Antsirinala. En effet, il est temps que les autorités prennent des mesures pour prévenir le pire. Il est à noter que la coopérative Kofimanga a déjà pris ses responsabilités en se chargeant du transbordement des passagers pour qu’ils arrivent à leur destination. Il en est de même, des autorités du district de Moramanga et de la région Alaotra-Mangoro qui ont déjà apporté, hier, leur soutien aux blessés.

T.M. (Midi Madagasikara)

L’Express de Madagascar : Infrastructure routière – Affaissement près du pont d’Ankadindratombo

Danger. L’effondrement du pont entre Mandroseza et Ankadindratombo inquiète. Le trottoir près de la culée de l’infrastructure, à Mandroseza, s’est affaissé depuis quelques jours. « Le dégât n’est pas sur le pont, mais cela présente quand même du danger sur l’ouvrage. Lorsque vous y circulez, vous pouvez ressentir des vibrations. Le vieillissement de l’infrastructure devrait être constaté par le laboratoire National des Travaux Publics et du Bâtiment (LNTPB) », interpelle Jimmy Randriantsoa, premier adjoint au maire de la Commune d’Alasora, mercredi. Il souligne que de l’autre côté, à Ankadindratombo, des affaissements sont aussi constatés. « Nous essayons de réparer la chaussée, mais c’est peine perdue. Elle se dégrade au bout de quelques temps », renchérit-il.
Des travaux d’urgence devraient y être effectués selon un responsable auprès du ministère des Travaux publics. « Nous avons déjà fait des études sur place le weekend dernier. Cet affaissement peut engendrer la coupure de la route, si l’infrastructure n’est pas réparée rapidement », indique-t-il.
Personne ne veut entreprendre la réhabilitation. « Cela ne relève pas de notre compétence de réparer cette infrastructure, mais de celle de la commune ou de la région, selon la charte routière. Nous ne nous occupons que des routes nationales », souligne une source auprès du MTP. Normalement, Mandroseza est inclus dans le territoire de la commune urbaine d’Anta­nanarivo. Mais comme la commune rurale d’Alasora, ses responsables rejettent aussi la responsabilité au ministère. « Il s’agit d’un ouvrage du MTP », reprend Jimmy Randriantsoa. Ils attendent peut-être que la destruction de l’ouvrage fasse des victimes avant d’agir.

Miangaly Ralitera (L’Expresse de Madagascar)

Vakinankaratra – Réouverture de la route vers Mandrosohasina

L’état pitoyable des routes fait diminuer  les revenus des paysans. La réhabilitation de ces infrastructures les satisfait pleinement. 

Rouverte depuis le début de cette semaine, la portion de route réhabilitée est d’un grand secours pour l’économie et le social des habitants de Mandrosohasina et ses environs. Avant les années de difficulté de circulation et deux mois de fermeture provisoire pour raison de travaux de réhabilitation qui y étaient effectués, le tronçon entre Kelivozona et la commune rurale de Mandrosohasina, district d’Antsirabe II, faisait partie des portions les plus inaccessibles, alors que les habitants de la commune doivent l’emprunter.
« Grâce à la réouverture de cette route et à son état actuel satisfaisant, nous pouvons écouler nos produits agricoles à des prix raisonnables. Les collecteurs et les transporteurs n’auront plus de raison d’acheter nos légumes à des prix très bas», se réjouit Solomon Razafindratsima, habitant de cette commune productrice de carottes et de pommes de terre.
Ainsi, dans l’objectif de garder l’état de cette route, l’entreprise, maître de l’ouvrage, a sollicité les habitants pour limiter la circulation des charrettes.

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« Nous faisons également appel à tous les véhicules de transport, surtout les camions, de bien vouloir respecter le barrage de pluie », note Tina Herisoa Rakotomalala, gérante et directrice générale de l’entreprise Artina qui a effectué les travaux, en collaboration directe avec les habitants par le biais de la pratique de la haute intensité de main-d’œuvre.
Malgré le bon état de cette partie de route sur l’axe sud à l’entrée de Mandrosohasina, les habitants de la partie nord de cette commune doivent encore circuler sur une chaussée dans un état pitoyable. Afin de résoudre les difficultés de la population, ses représentants n’ont pas manqué de lancer un appel aux responsables concernés.
« L’hôpital se trouve dans cette partie qui reste un point noir. Si bien que les gens, surtout les femmes enceintes, ne sont pas motivés pour joindre le médecin, se contentant de la médecine traditionnelle », mentionne une mère de famille.

Angola Ny Avo (L’express de Madagascar)