La Gazette de la Grande Ile / Travaux sur les routes nationales : De l’argent jeté par les fenêtres

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Travaux sur les routes nationales : De l’argent jeté par les fenêtres

Cercle vicieux. Chaque année, c’est la même chose pour certaines routes nationales (RN). En période des pluies, certaines zones deviennent enclavées. C’est le cas de Bealalana et Ambatondrazaka entre autres.

Certes, les états des RN dans le pays sont tous déplorables. Pourtant, l’utilisation du trajet de certaines d’entre elles est impossible en période des pluies. C’est à titre d’exemple le cas de la RN5A reliant les districts d’Ambilobe et Vohémar. En effet, même les véhicules tout terrain ont du mal à traverser « la route de l’enfer ». Pour les taxis-brousse, le transbordement est même inévitable à Ambilobe.

Parmi les routes nationales secondaires, on peut également citer la RN44 reliant Moramanga à Ambatondrazaka. Depuis quelques jours, les usagers se plaignent de l’état des routes. En temps normal, le trajet de 158km prend 7 à 8 heures, actuellement le trajet peut prendre deux jours.

Ce qui est intolérable dans tout cela, c’est que plusieurs milliards d’ariary sont dépensés follement , chaque année, pour des travaux de construction et de réhabilitation bidon. Prenons pour exemple les travaux sur Ambilobe-Vohémar. Le mois d’août 2018, les travaux ont été lancés et le financement par prêts concessionnels s’est élevé à 155 millions de dollars. Sans parler du montant des marchés considérablement exagérés par rapport à la réalisation. Or, l’état des routes demeure déplorable et les travaux sans garantie se détériorent en quelques semaines. Et c’est chaque année la même chose.

Annie N. / La Gazette de la Grande Ile

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Midi Madagasikara : CUA – Grands projets financés par la Banque Européenne d’Investissement

http://www.midi-madagasikara.mg/politique/2019/02/19/cua-grands-projets-finances-par-la-banque-europeenne-dinvestissement/

Article dans le journal Midi Madagasikara

CUA – Grands projets financés par la Banque Européenne d’Investissement

Fini la galère pour ceux qui utilisent les axes routiers passant par Besarety pendant la saison de pluie. Fini également la galère pour ceux qui empruntent les routes nationales traversant la ville d’Antananarivo et qui sont en très mauvais état actuellement. Hier, une importante réunion présidée par le 1er adjoint au maire Olivier Randrianarisoa s’est tenue à l’hôtel de ville d’Analakely. Des représentants du SAMVA, de la Jirama, de l’ATT, de Telma, de la direction régionale des Travaux Publics et de la Police municipale ont été présents. On a appris à l’issue de cette réunion que les canaux d’évacuation d’eaux usées desservant le quartier de Besarety et ses environs seront complètement reconstruits en béton. A chaque pluie, ces quartiers sont inondés. On a également appris que 5,5 Km de la RN 2, 10 Km de la RN 3 et 9 Km de la RN 4 seront réhabilités.

Partenariat fructueux. Ces grands travaux seront financés par la Banque Européenne d’Investissement (BEI). Les projets étaient accordés en 2015, mais ce n’est qu’actuellement que le fonds nécessaire est entièrement prêt. Les travaux vont durer entre six et douze mois. D’autres parties prenantes seront impliquées dont la Direction des Travaux Publics de la CUA, la Direction en charge des Transports au niveau de la commune urbaine d’Antananarivo et les Arrondissements de la Capitale concernés ainsi que la commune rurale de Sabotsy Namehana. A rappeler que les pluies qui ont frappé il y a quelques jours la Capitale ont dégradé l’état des infrastructures locales. Or, la CUA, avec le peu de moyens dont elle dispose, ne peut pas prendre en charge la reconstruction des dégâts.

Recueillis par R. Eugène – Midi Madagasikara

Le jardin de l’étranglement à Alarobia Amboniloha

L’ouverture de la voie rapide Ivato- Tsarasaotra devait profiter  aux  usagers en  résolvant les problèmes d’embouteillages  qui faisaient plaindre les habitants d’Ambohibao, Talatamaty Andranomena ou Ambohimanarina. Cette voie a permis  d’atténuer les bouchons sur cet axe mais a aussi  créé de nouveaux points rouges  au niveau  d’Ankorondrano et Anosivavaka. L’apparition  de ces nouveaux embouteillages peut être amputée au goulot d’étranglement  identifié  au croisement venant d’Amboniloha vers Ankorodrano et Tsarasaotra  et après  le centre de visite technique Alarobia.  En effet, deux facteurs majeurs évidents  se conjuguent sur cette zone. Premièrement,  l’existence d’un jardin privé bien clôturé mais sans intérêt majeur car sans accès de part et d’autre et sans utilisateurs, juste à titre décoratif et garde limitative de propriété privé. Deuxièmement, l’emplacement d’un arrêt de plusieurs lignes de Taxi be.

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Pour résorber l’intensité du trafic, il faudra prendre des décisions qui pourront lever  ces  éléments favorisant les réductions des vitesses. Citons par exemple, deux solutions  rapides et simples :

  • Exproprier une partie de ce jardin, pour «besoin d’utilité publique», d’au moins de 2 mètres pour élargir la chaussée et en déplaçant le poteau de la JIRAMA qui se trouve juste à coté
  • Déplacer de quelques mètres en aval l’arrêt des Taxi be qui se trouve juste à la sortie du croisement venant d’Amboniloha et se plaçant juste à côté de ce jardin sans intérêt (pour les publics).

La balle est  maintenant dans le camp d’une part,  du propriétaire du jardin  que nous remercions déjà pour leur compréhension, mais aussi  des autorités compétentes  pour les décisions qu’ils prendront promptement  pour fluidifier la circulation autour de la Capitale.

Jean Claude Razanamparany

La RN6 se dégrade davantage faute d’entretien – Site web Madagascar Tribune

La RN6 se dégrade davantage faute d’entretien

La RN6 reliant Ambondromamy à Ambanja se dégrade davantage. Réhabilitée en 2008, grâce aux financements de l’Union européenne, cette route semble n’avoir reçu le moindre entretien depuis plusieurs années. D’année en année, elle se détériore au grand dam des usagers. Les nids de poule d’il y a encore deux ans deviennent des nids d’autruche. L’étouffante chaleur tropicale d’Antsohihy devient de moins en moins respirable avec une véritable fumée de poussière qui souffle sur la route bitumée et qui ressemble actuellement à une tracée secondaire.

S’il y a encore 5 ans, il a fallu environ 12h sur route pour se rendre à Ambanja depuis la capitale, Antananarivo, et moins de 15h, il y a deux ans, aujourd’hui, les conducteurs de taxi-brousse reliant cet axe confirment qu’il faudra environ 18h pour le faire. Rien qu’entre Antsohihy et Ambanja, une distance de près de 189 km, il faut désormais plus de 5h pour réaliser cet axe alors qu’elle se faisait en trois heures.

Les intempéries de ces derniers temps, notamment les cyclones ayant frappé la Grande île et qui n’ont pas épargné par partie Nord du pays auraient aggravé la dégradation de cet axe routière de la RN6. Mais, il faudra également souligner que cette route a été pratiquement oubliée par les dirigeants depuis la Transition. La présence des hauts responsables de l’Etat issus de cette partie septentrionale de Madagascar, notamment durant le régime Rajaonarimampianina, n’ont pas du tout profité aux villes traversées par cet axe routier.

Pas plus tard qu’avant-hier, le jeune ministre des Travaux publics, Jacques Ulrich Andriatiana, pourtant originaire de cette partie nord de la Grande île a annoncé la signature d’un accord entre l’Etat malgache et la société chinoise China Road and Bridge Corporation (CRBC) pour la construction de la route RN5A, reliant Ambilobe à Vohémar, toujours dans le Nord de la Grande île. Mais il n’a jamais été question de la RN6. Toutefois, au mois de juin, le nouveau Premier ministre, Christian Ntsay également originaire du Nord de Madagascar, a ordonné à l’équipe d’Ulirch Andriatiana de réhabiliter la RN6.

Au mois d’avril, l’Union européenne a annoncé la fin des travaux de réhabilitation d’une partie de la RN6. Ces travaux ont notamment concerné l’axe reliant Ambanja à Ambilobe. Qu’en est-il alors de l’axe qui se trouve en amont de cette route ? Les usagers de la route, ceux qui utilisent notamment Antsohihy/Ambanja craignent qu’à la prochaine saison des pluies, cet axe ne sera plus praticable si aucune réhabilitation ne sera faite.

Arena R. – Madagascar Tribune

L’AMELIORATION DU SECTEUR DES TRANSPORTS ROUTIERS, UN GRAND DEFI POUR MADAGASCAR

Environ 90% des transports à Madagascar se font par voie terrestre et pratiquement la quasi-totalité des transports terrestres se font par voies routières. Le secteur des transports routiers tient donc un rôle primordial dans la vie de la nation et est garant de la mobilité des Malagasy et du développement du pays.

L’importance des infrastructures routières

L’existence des infrastructures routières, fonctionnelles et efficaces permettent à la population d’accéder facilement aux lieux de travail, à l’éducation et aux services de santé, mais surtout, à l’amélioration et à la rentabilisation de la production agricole dans le milieu rural. Le constat est que l’état piteux des routes à Madagascar augmente les coûts des services de transport et les charges d’entretien des moyens de transport. Rares sont les malgaches propriétaires de voitures neuves, et aucun transporteur ne fournit de services répondant aux normes et accessible financièrement à la majorité de la population. En plus des accidents se multiplient sur les routes.

En prenant le cas du District d’Anjozorobe situant au Nord-Est de la Capitale Antananarivo, la ville d’Anjozorobe, chef-lieu du District, est connectée à la Capitale par la route goudronnée de la RN 3 d’une distance de 100 Km et le frais de taxi-brousse s’élève à 4.000 Ar. Cependant le frais entre Antananarivo et Ambatomanoina, Commune rurale du District d’Anjozorobe mais plus à l’Ouest de la ville d’Anjozorobe, est de 10.000 Ar avec la même distance car 75% de la chaussée est en terre et dégradée. Malgré le nombre de voyages peu élevés réalisés par les taxis-brousse servant cette Commune rurale, l’entretien et la réparation des véhicules sont plus fréquents par rapport à ceux d’Anjozorobe.

Taxi-brousse Ambatomanoina Taxis brouses d’Ambatomanoina

La majorité des citadins se contentent actuellement de véhicules d’occasions faciles à bricoler et de scooters, et les ruraux essaient de conserver leurs vieilles charrettes et leurs vélos anciens. Les ménages arrivant à épargner optent pour l’acquisition de motos neuves de fabrication chinoise. Ce moyen de transport commence à se vulgariser car il est adapté à nos routes, se faufilant entre les nids de poule et les véhicules lors des embouteillages, et ne nécessitant pas de chaussées larges. La population rurale n’hésite pas recourir aux services des propriétaires de motos en cas de besoin urgent de déplacement, or les frais sont très couteux par rapport à leurs revenus : à partir de 30.000 Ar en moyenne pour un trajet de 35 Km. Les motos-taxis commencent à se développer actuellement à Madagascar, surtout en milieu rural, car c’est le seul moyen adapté aux endroits reculés.

Dans la Commune de Beronono (District d’Anjozorobe) à 150 de Km de la Capitale, inaccessible aux véhicules, le kilogramme du manioc séché est vendu par les paysans à 100 Ar au cours de l’année 2017. Ces maniocs séchés sont vendus au prix de 200 Ar dans la Commune voisine accessible aux camions, et à partir de 500 Ar dans les marchés d’Antananarivo. A cause des réseaux routiers non préservés et non entretenus, les intermédiaires, transporteurs et collecteurs, jouissent de bénéfices assurés et peuvent se développer, alors que les producteurs et les consommateurs subissent les prix imposés et y gagnent beaucoup moins.

Nombreux sont les élèves du primaire et les collégiens en milieu rural ne pouvant pas poursuivre leurs études secondaires car leurs déplacements pour rejoindre les lycées sont freinés par l’état des routes et l’insuffisance des services de transport. Les femmes ne peuvent pas accéder convenablement aux infrastructures socio-économiques de proximités car elles sont obligées d’y aller à pieds faute de moyens de transport répondant à leurs besoins.

Même les populations urbaines ont leurs lots de problèmes. Les employés des entreprises vont perdre en productivité en raison des retards des employés liés aux embouteillages, des retards de livraison… Avec le mauvais état actuel des routes en ville associé à la hausse prévue du carburant, les frais de transport risquent de devenir un réel problème pour tous. La situation s’est empirée depuis 2013.

La nécessité d’élaboration des schémas d’aménagement de transport

A cause de l’inexistence de stratégie et de vision pour la reconstitution des réseaux routiers, les Communes rurales à Madagascar sont isolées et confinées, et les Communes urbaines sont étouffées par les embouteillages.

L’amélioration de la mobilité de la population malagasy ne peut pas être séparée de la mise en place des schémas d’aménagement des transports répondant aux besoins évolutifs de la population tant en milieu urbaine qu’en milieu rural. La Charte routière existe depuis 1998 et il est mentionné dans cette Charte que chaque niveau de Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) devra avoir sa politique routière pour assurer la gestion et la préservation de ses infrastructures routières. Les lois sur la décentralisation ont été adoptées pour aider les CTD à prendre en main et à mieux gérer leurs infrastructures.

Un plan sectoriel routier a été élaboré dans le cadre du Plan National de Transport (PNT) en 2004. L’avons-nous appliqué et a-t-on procédé à sa mise à jour depuis ? Avons-nous favorisé l’aménagement du secteur des transports, en particulier le secteur routier, lors de l’élaboration des Plans Régionaux de Développement (PRD) et sont-ils à jour actuellement ? Quant aux Plans Communaux de Développement (PCD), a-t-on donné des moyens aux Communes, surtout en milieu rural, pour qu’ils puissent se pencher à l’amélioration de leur secteur de transports ? A-t-on pensé à coordonner l’ensemble de ces schémas d’aménagement de transports au niveau de chaque hiérarchie de CTD, et par où va-t-on commencer sans négliger les doléances prioritaires de la population de base ?

Il est important de renforcer la Décentralisation et la Déconcentration car force est de constater que la concentration de la décision au niveau central ne pourra assurer, à lui tout seul, l’entretien et la réhabilitation des 30.000 Km de réseaux routiers encore existant actuellement. Or Madagascar devra encore reconstituer les 20.000 Km perdus depuis 1960 et construire d’autres routes afin de garantir la mobilité de la population. L’implication et la collaboration de tous (publics, privés, OSC et surtout les citoyens) est à encourager pour préserver et reconstituer nos réseaux routiers mais, au préalable, nous devrons apprendre à connaitre, accepter et respecter les rôles de chaque partie prenante à savoir l’Etat, les Autorités locales, le Secteur privé, les Citoyens et l’OSC. Nous ne devrons pas attendre uniquement les aides des bailleurs de fonds car nous pourrons reconstituer petit-à-petit nos infrastructures routières, surtout les Routes Communales Rurales.

Cette année 2018 serait une année électorale et tous les citoyens, en particulier les producteurs et les consommateurs, devront s’intéresser de près aux programmes de chaque parti en terme d’actions claires et chiffrées pour l’amélioration et la reconstitution du secteur routier à Madagascar. Le Ministère de l’équipement du Maroc a élaboré son programme de modernisation de ses réseaux de transport pour 2035 avec les prévisions des coûts d’aménagement. Mais peu importe les chiffre présentés, les citoyens en tant que contribuables devront prendre connaissance des coûts des projets d’investissements routiers, et demander plus d’explication si nécessaire. Ils auront aussi à contribuer, en tant que citoyens responsables, à la préservation de leurs réseaux routiers.

Les autres pays, surtout les pays développés et quelques pays en voie de développement, réfléchissent déjà à la mobilité durable et ils adaptent les infrastructures routières, les moyens et les services de transport à l’atteinte des objectifs de développement durable et à la préservation de l’environnement sans oublier la sécurité routière. Madagascar tentera-t-elle de rattraper son grand retard en matière de développement de son secteur routier ou préfèrera-t-elle enrichir son parc de véhicules 4×4 ?

Jessé Randrianarisoa