La Gazette de la Grande Ile / Restriction de la circulation : Des fuites sur les routes nationales ?

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Depuis le début de la pandémie, les routes nationales reliant Antananarivo aux autres régions ont quasiment été fermées. Normalement, personne ne peut entrer, ni sortir de la région Analamanga, sauf quelques cas exceptionnels. Mais ces restrictions n’ont pas permis d’éviter les déplacements clandestins de la population empruntant des déviations et à pied, à moto ou à bicyclette. Mais ces dernières semaines, on a pu constater que vers la fin de l’après midi, des Taxi-brousse se ruent à la sortie d’Antananarivo, en particulier sur les routes nationales comme la RN4 reliant Antananarivo à Majunga. Des véhicules qui se préparent à sortir d’Antananarivo bien qu’aucune décision n’a été prise sur une éventuelle ouverture de ces lignes de transport. Un certaine magouille ne peut donc pas être évitée en ce moment, permettant à certaines personnes de circuler clandestinement sur ces routes nationales en dépit des interdictions. Dans le cas où des autorisations spéciales auraient été octroyées à ces véhicules, on se demande si leur nombre n’aura pas pour effet de réduire à néant les efforts qui ont été faits jusqu’ici. Il ne sert à rien de fermer les routes nationales si certaines personnes peuvent encore les emprunter clandestinement ou sous autorisation exceptionnelle.

Ranaivo – La Gazette de la Grande Ile

L’Express de Madagascar / Transport régional – Business lucratif des passeurs clandestins

https://lexpress.mg/15/06/2020/transport-regional-business-lucratif-des-passeurs-clandestins/

Décuplés, de 40 000 à plus de 500 000 ariary. Les frais de transport en partance d’Antananarivo pour remonter vers la région Nord du pays ne sont plus à la portée du premier venu. Ils sont près d’une vingtaine de rabatteurs à s’attrouper du côté de la gare routière Maki pour guetter d’éventuels voyageurs désireux de fuir la capitale. « Êtes-vous en quête d’une autorisation de sortie ? Nous pouvons vous la procurer. Nous avons des véhicules sur lesquels vous pouvez voyager sans histoire sur la RN 4 », chuchote l’un d’eux.

D’autres proposent de ramener de potentiels voyageurs à l’ancien stationnement d’Ambodivona pour discuter avec les responsables des camions de marchandises. Ces derniers, qui sont libres de circuler à travers le pays, sont devenus les principaux arguments des passeurs clandestins pour persuader les voyageurs à court d’alternative. Pourtant, il est désormais strictement interdit, à tout véhicule de sortir et d’entrer dans ces régions, même pour les véhicules en possession d’une autorisation délivrée par le Centre de commandement de la lutte contre le coronavirus.

« Ma demande d’autorisation de sortie de la capitale a été refoulée par deux fois, par les autorités compétentes. C’est alors que des rabatteurs m’ont convaincu de recourir à ces moyens réprimandables contre un montant total de 300 000 ariary pour arriver à destination », témoigne un habitant du Nord de l’île bloqué à Antananarivo. Ce dernier s’est embarqué à bord d’un camion de marchandises à destination d’Antsohihy. Contrôlé à un barrage sanitaire au niveau d’Ankazobe, il est resté bloqué dans cette localité pendant deux jours.

Facture salée

« C’est grâce à la location d’un véhicule appartenant à une autorité locale que nous avons pu reprendre la route jusqu’à Mahatsinjo. Location qui nous aura coûté près de 200 000 ariary. De là nous avons pu rejoindre Ambondromamy à bord d’un autre véhicule de location appartenant, encore une fois, à une autre autorité locale. Un tronçon de route qui nous aura coûté cinq cent mille ariary. Ce n’est qu’à Ambondromamy que nous avons pu trouver un taxi-brousse pour nous conduire à notre destination finale pour cinquante mille ariary », rajoute le voyageur. Sans compter les frais d’hébergement et de nourriture. Au total, il aura dépensé un peu moins d’un million d’ariary pour arriver à destination, en déjouant les blocus sanitaires sur la Nationale 4 et 6. D’autres chauffeurs de camions de marchandises proposent la place de deuxième aide-chauffeur à plus de 150 000 ariary aux voyageurs clandestins.

Alors que les autorisations de circuler- hormis pour cause de funérailles, d’évacuation sanitaire, ou d’ordre de mission claire pour les agents de l’État- ne sont plus délivrées, et les passeurs clandestins y trouvent leur compte. Sans parler des nombreux autres voyageurs qui n’ont pas pu passer les barrages et dont les frais de transport ont tout même été empochés par les passeurs et les rabatteurs clandestins.

Pour rappel, plusieurs véhicules ont été mis en fourrière dont plusieurs taxi-brousses et des voitures particulières, qui ont été pris en flagrant délit de transport de passagers en sortant clandestinement d’Analamanga. Au début du confinement, on se rappelle de la ruée vers la demande d’attestation de circulation auprès du CCO Covid-19. Après le déconfinement partiel et les mesures y afférentes, on a constaté des signes concrets de relâchement. La Police nationale a ainsi averti que de sévères sanctions seront appliquées à l’encontre des contrevenants.

Harilalaina Rakotobe – L’Express de Madagascar

L’Express de Madagascar / Circulation sur RN7 – Des passagers arrivent à s’infiltrer

https://lexpress.mg/12/06/2020/circulation-sur-rn7-des-passagers-arrivent-a-sinfiltrer/

Malgré l’interdiction stricte de rejoindre les régions confinées, nombreux arrivent à déjouer les contrôles et parviennent à destination.

DIFFICILE de faire appliquer la loi. Alors que les autorisations de circuler, hormis pour cause de funérailles, d’évacuation sanitaire, ou d’ordre de mission claire pour les agents de l’État, ne sont plus délivrées, nombreux trouvent encore le moyen de parvenir à Antananarivo ou d’entrer à Toliara. « J’ai mis quatre jours pour atteindre Tana en taxi-brousse », livre un opérateur qui dit avoir dormi trois nuits, la plupart du temps à la belle étoile, au départ d’Ihosy.

« Le chauffeur se charge de tout ce qui est autorisation de circuler. Nous prenons une autre voiture, une fois arrivés à Ambalavao, nous passons par le barrage sanitaire et après quelques vérifications, on nous laisse passer. On descend quelque part pour prendre un autre taxi-brousse, à destination de Fianarantsoa », poursuit -il.

C’est là qu’il a fallu attendre un bon moment pour «trouver» une autre autorisation à destination de la capitale. Après deux nuits à dormir dans des taxis-brousse au stationnement, les passagers ont réussi à partir, mais jusqu’à Antsirabe, et c’est la même astuce pour gagner Tana. « J’ai payé en tout 160 000 ariary comme frais de voyage, depuis Ihosy, sans compter la nourriture. Mais je suis heureux de pouvoir retrouver ma famille », se félicite l’opérateur.

Filtrés

À Toliara, vers la fin du mois de mai, des arrivées « clandestines » sont aussi interceptées. Une famille entière à bord d’un Sprinter et les passagers d’un camion sont arrivés en provenance de la capitale. Il semble aussi qu’un taxi-brousse immatriculé dans la capitale ait obtenu une autorisation de circuler à Toliara et a pu rejoindre Antananarivo sans encombre.

Au début du mois, des couples roulant en voitures particulières ont présenté une autorisation signée de leur lieu de provenance depuis Mahajanga et Antananarivo, et sont entrés à Toliara. Avant-hier, un autre Sprinter a débarqué des passagers en provenance de la capitale et a pu également entrer dans la cité du Soleil. Des forces de l’ordre au niveau des barrages répondent que si le véhicule présente une autorisation en bonne et due forme, « il peut entrer ». Pour tant, au Centre de commandement opérationnel d’Ivato, on a martelé le 17 mai, «qu’aucune autorisation ne devrait plus être valable» sauf pour les exceptions citées plus-haut. Cinq cents voitures seraient entrées et sorties de la région et l’on attend encore des nouvelles d’un équipage de bateau, en provenance de Toamasina, arrivé il y a quelques jours.

Mirana Ihariliva – L’Express de Madagascar

L’Express de Madagascar / Transport – Des fourgons et véhicules contrôlés à la loupe

https://lexpress.mg/11/06/2020/transport-des-fourgons-et-vehicules-controles-a-la-loupe/

Le CCO Boeny met en garde contre ceux qui sont tentés de prendre la fuite vers Mahajanga et de s’y introduire clandestinement par des moyens douteux dont le transbordement par des taxis-brousse régionaux entre deux communes sur la RN4.

Le bilan des trafics et contrôles effectués dans les différents barrages sanitaires à Belobaka, district de Mahajanga 2, a été présenté au niveau de la réunion du CCO Boeny, depuis lundi dernier.

En résumé, le nombre de véhicules qui entrent régulièrement à Mahajanga a augmenté ces derniers temps, dont ceux qui viennent « habituellement ou fréquemment », ou ceux qui viennent douteusement. Ils font l’objet de stricts contrôles et de suivi et les immatriculations sont entre les mains des autorités et responsables.

Les fourgons sont surtout les plus nombreux. Durant le mois de mai, sur les vingt voitures recensées au barrage sanitaire, quinze sont des fourgons dont quatre à six fois ont effectué un va et vient à Mahajanga. Le reste sont des camions.

Pour le mois d’avril, sur les dix véhicules enregistrés, cinq taxis-brousse étaient recensés, en ayant effectué trois allers-retours à Mahajanga durant la période du 7 au 9 avril où la circulation était ouverte pendant trois jours spécialement.

Par contre, trois voitures fourgons ont pénétré quatre fois de suite durant le mois d’avril à Mahajanga. Par ailleurs, une Hyundai Starex était également aperçu trois fois à Mahajanga. Au total, en avril, quatre cent-soixante voitures étaient enregistrées au niveau du point de contrôle sanitaire de Belobaka ayant transporté huit cent quarante passagers contre sept cent véhicules avec près de trois mille personnes au mois de mai.

En période normale, c’est-à-dire en avril de l’année 2019, mille quatre cent taxis-brousse ont été recensés au niveau de la gare routière avec près de vingt-quatre mille voyageurs. En comparaison au mois de mai dernier, mille deux cent véhicules (particuliers et taxis brousses) ont transporté vingt et un mille personnes.

Rappelons que depuis le 11 mai dernier, les responsables du niveau du CCO National à Ivato, ont suspendu toute autorisation et circulation, à toutes les voitures, entre les régions concernées par le covid-19. Mais les habitants constatent et observent toujours des véhicules immatriculés de la capitale à Mahajanga.

Depuis le 21 mars dernier, début de l’application de l’Etat d’urgence sanitaire à Madagascar et pour une première quinzaine de confinement partiel à Mahajanga, les transports sur l’axe Antananarivo, vers la région Atsinanana à Toamasina ont été suspendus.

Une dérogation spéciale a été appliquée entre le 7 et 9 avril pour laisser rentrer ceux qui étaient bloqués en dehors de leurs régions respectives.

Vero Andrianarisoa – L’Express de Madagascar

L’Express de Madagascar / Circulation des personnes – Des gens évitent les routes nationales

https://lexpress.mg/08/06/2020/circulation-des-personnes-des-gens-evitent-les-routes-nationales/

Les routes nationales sont fermées aux passagers depuis le 20 mars, le premier jour où le pays est entré dans le confinement. Pourtant, la réalité montre que la circulation des personnes continue clandestinement. Des gens prennent le raccourci pour se déplacer. Dans la région Vatovavy Fitovinany, quarante huit personnes sont mises en observation. « Elles ne sont pas suspectes mais seulement soumises à un contrôle sanitaire après leur arrivée », selon le Centre de commandement opérationnel Covid-19 (CCO) à Manakara sur sa page Facebook. Après l’étude de leur cas, il est constaté que ces personnes auraient évité les voies principales. Une source locale a affirmé que « les passagers n’attendent pas l’ouverture des transports sur les routes nationales. Ils prennent le Coridor à l’Est. D’autres traversent la voie ferroviaire à pied depuis Fianarantsoa pour arriver à Manakara. Il y a ceux qui rament en pirogue sur le canal des Pangalanes ».

Manakara redouble de vigilance face à la lutte contre le coronavirus. Ceux qui ne portent pas de masque sont punis. La sensibilisation est renforcée puisque « le district ne dispose que de dix huit lits seulement pour accueillir les patients, si jamais des cas positifs étaient découverts », émane le CCO Covid-19 régional.

Des barrières sanitaires sont érigées sur les routes nationales. Toutes les régions touchées par la pandémie de Covid-19 ont pris la disposition de contrôler la circulation des personnes sur tous les coins des issues. Mais cela n’empêche pas les gens de se déplacer pour qu’ils reviennent à leur région d’origine. Plusieurs familles sont bloquées dans les villes qui respectent le confinement.

Vu les instructions en vigueur qui n’autorisent que les transports des marchandises, le droit des personnes de circuler librement est atteint. Or, d’après le rapport du CCO Covid-19 d’Ivato, le déplacement clandestin des gens favorise la propagation de la contamination par contact de la pandémie. Tel cas est observé entre autres à Antsirabe où une famille a réussi à y entrer durant la fermeture des routes nationales. De même, à Fenoarivo Atsinanana, l’arrivée des gens qui ont pris des raccourcis se multiplie, comme l’ont annoncé les sénateurs élus dans la province de Toamasina lors de la séance de questions-réponses entre le Sénat et le gouvernement, la semaine dernière.

Elise Nandrasanela – L’Express de Madagascar