Midi Madagasikara / Accidents de circulation : Les « deux roues » ont fait de nombreux morts ces trois derniers mois

Accidents de circulation : Les « deux roues » ont fait de nombreux morts

Moyens de locomotion les plus utilisés en cette période de confinement suite à la propagation de la pandémie de Covid-19, les « deux roues », bicyclettes et motos confondus ont fait un carnage ces trois derniers mois. Sur les 18 accidents mortels survenus depuis le mois de juin jusqu’ici, recensés par le service de l’information et de la communication ainsi que de la relation avec les institutions auprès la police nationale (Sicri) à Anosy, sept accrochages concernent tous des motos. Les deux cas qui ont lieu le 1er septembre dernier confirment ces statistiques. Le premier s’est produit sur la RN1 au niveau du fokontany d’Ambodiafontsy, dans la Commune rurale Ampitatafika, district d’Antananarivo Atsimondrano. Un scooter de marque JOG pro monté par deux jeunes, âgés respectivement de 25 et 22 ans, a percuté de plein fouet la balise métallique de la route suite à un excès de vitesse. La violence du choc a gravement blessé la conductrice de la moto et a tué sur le coup la personne qu’elle transportait. Le deuxième a eu lieu sur la RN7, soit dans le district d’Ambatolampy où deux motards ont péri dans la collision entre leur moto et un camion. Également le 1er septembre mais cette fois-ci, la victime est un cycliste. Le drame est survenu vers 15 heures 45 sur la RN1, au niveau du fokontany Ambohimiorina, Commune rurale Alakamisy-Fenoarivo. Roulant derrière un camion, une bicycliste conduite par un homme de 48 ans a été fauchée par un camion semi-remorque venu en sens inverse après avoir raté un virage. A l’origine de cet accident, la défaillance survenue au niveau du système de freinage de la bicyclette. Parlant toujours des dégâts causés par les accidents des deux roues, le bilan dressé par la police nationale a révélé que sur les 55 accidents corporels enregistrés ces trois derniers mois, 39 sont des motos. La majorité de ces cas a été provoquée par l’imprudence les conducteurs comme la conduite en état d’ivresse.

T.M. – Midi Madagascar

Education pour la sécurité routière aux écoles : une évaluation d’impact de projet basée sur l’analyse des comportements des enfants

Durant ses 20 ans d’activité sur la route, la mobilité et le transport, l’ONG Lalana a mené plusieurs activités de sensibilisation sur la sécurité routière à Madagascar. Face à la réalité de plus en plus dangereuse dans les routes malagasy, où le nombre de véhicules ne cesse d’augmenter et les piétons deviennent encore plus vulnérables, Lalana se décide à poursuivre les activités de sensibilisation sur la sécurité routière par l’élaboration et la mise en œuvre du Projet ALFA (Aro Loza @ Fifamoivoizana An-tsekoly), au cours de l’année scolaire 2017-2018. Avec financement de l’ONG Transaid, notre partenaire de longue durée, ce projet d’éducation et de sensibilisation à la sécurité routière a été élaboré particulièrement pour les jeunes écoliers des écoles primaires publiques (EPP) afin de les aider lors de leurs trajets pour l’école. Un an après la mise-en-œuvre du projet, l’équipe est revenue sur terrain pour évaluer l’impact de l’approche, en collaboration avec une équipe de chercheurs de la Research Unit in Traffic Psychology de l’Università Cattolica del Sacro Cuore di Milano (UCSC), en Italie.

Situation actuelle à Madagascar

La sécurité routière est devenue un grave problème de santé publique, d’urgence et de dimension mondiale. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que les décès sur la route représentent aujourd’hui la 8ème cause de mortalité globalement et la première cause de mortalité pour les enfants et jeunes adultes entre 5 et 29 ans. A Madagascar, la situation est grave et les accidents routiers ont aujourd’hui une place régulière dans la première page des journaux quotidiens. Les chiffres plus récents de l’OMS estiment que 47% des décès sur les routes malagasy sont des piétons. Même pendant les 4 mois de confinement et la restriction de la circulation depuis le 20 mars 2020, les accidents ont toujours eu lieu.

La population de Madagascar est très jeune, avec 40% entre 0 et 14 ans, et les enfants allant à pied à l’école sont une population particulièrement vulnérable : selon les résultats de l’enquête réalisée en 2019 par Lalana auprès de 1150 élèves d’écoles primaires publiques dans les villes d’Antananarivo, Antsirabe et le long de la RN7, 95% des écoliers malagasy vont à pied à l’école et rentrent à pied chez eux, souvent avec la responsabilité d’accompagner aussi leurs cadets dans des trajets dangereux par des routes congestionnées, ayant besoin de maintenance et par des trottoirs occupées par des voitures et d’autres encombrements. Ce n’est pas donc une surprise que nos données montrent aussi que 20% des élèves enquêtées ont déjà fait un accident routier en tant que piétons.

L’éducation routière est un instrument à notre disposition pour donner aux enfants des connaissances qui puissent les aider à arriver à l’école en sécurité. Cependant, l’évaluation de l’impact des actions dans ce thème n’est pas évidente. C’est facile de constater le nombre d’écoles, enseignants et élèves sensibilisés, et même de réaliser des tests de théorie pour vérifier les connaissances acquises, mais comment être sûr que les enfants sont capables d’appliquer ces connaissances en situation réelle ?

Evaluation des actions de sensibilisation menées au cours du Projet ALFA

Afin de répondre à cette question, Lalana a décidé de collaborer avec la Research Unit in Traffic Psychology de l’Università Cattolica del Sacro Cuore di Milano (UCSC), en Italie, pour mener une étude d’évaluation d’impact du Projet ALFA (Aro Loza amin’ny Fifamoivoizana An-tsekoly), mis en œuvre au cours de l’année scolaire 2017-2018 avec financement de l’ONG Transaid, un des partenaires de longue durée de Lalana. Les réalisations immédiates de ce projet ont été largement positives et ont répondu au plan de travail établi initialement :

  • 25 Directeurs et enseignants ont été formés sur la conduite de la sensibilisation sur la sécurité routière ;
  • 6 écoles ont été dotées d’un lot de matériels pour la réalisation de séances de sensibilisation ;
  • 764 élèves ont été sensibilisés et 42 élèves primés ;
  • Un livret guide de sensibilisation a été élaboré en version française et malagasy ;
  • 578 diffusions de spot radio de sensibilisation ont été réalisées ;
  • 13 panneaux de signalisation et 8 passages zébrés ont été mis en place.

Dans ce contexte, l’objectif était maintenant d’évaluer l’impact du projet ALFA sur le comportement des piétons (les enfants des écoles qui ont bénéficié du projet ALFA) et utiliser les résultats de l’évaluation pour améliorer les techniques de sensibilisation sur la sécurité routière déjà développées par Lalana.

Les investigateurs en psychologie du trafic routier de l’UCSC Milan ont développé une méthodologie d’enquête basée sur d’autres expériences en Afrique et en Europe. Neuf scenarios (photos) de traversée de route dans le contexte Malagasy ont été montrés aux étudiants en ordre aléatoire. Ces scénarios représentent des situations de traversée de route de complexité diverse. Les enfants doivent considérer qu’ils se trouvent dans la perspective de la personne qui a pris la photo et qu’ils veulent traverser la route. Ils doivent donc indiquer à l’enquêteur les zones de la photo où ils regardent dans les trois moments qui précèdent la traversée : premier regard, deuxième regard et troisième regard (voir Photo 1 comme exemple d’un scenario divisé en zones d’intérêt).

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Figure 1 : Une des photos utilisées dans la recherche, avec encadrement des zones d’intérêt

Les données de deux échantillons (250 enfants de 5 EPP qui ont participé au projet ALFA et 300 enfants de 6 EPP d’Antananarivo qui n’ont pas participé au projet) ont été analysés pour tester l’efficacité du projet dans le renforcement des capacités des enfants pour traverser la route en sécurité.

Résultats de l’évaluation

Les résultats de cette évaluation ont été positifs, mais mixtes. D’un côté, la comparaison des réponses correctes données par les élèves des deux échantillons montre que le nombre d’élèves capables d’appliquer les règles de traversée correctement face aux différents scenarios de traversée de route (« Regarder à gauche puis à droite, et encore à gauche une fois avant de traverser ») est en moyenne 20% plus élevé dans les EPP qui ont participé au Projet ALFA, une différence statistiquement significative. Dans les EPP qui n’ont pas participé au projet, uniquement 7% des élèves appliquent ces règles correctement. D’un autre côté, le pourcentage d’enfants dans les EPP qui ont participé au projet qui appliquent les règles de la traversée de route correctement est assez bas, à 31%. On attendait aussi que les enfants des EPP qui ont participé au projet auraient une meilleure capacité de déplacer leur regard à l’interne de chaque scenario, de façon à identifier plusieurs risques potentiels, ce que nous n’avons pas pu confirmer.

En plus, notre approche était basée sur la formation en cascade des enseignants ; les animateurs et formateurs de Lalana ont formé et appuyé un petit groupe d’enseignants dans chaque école, qui devraient ultérieurement former leurs pairs pour que les activités de sensibilisation deviennent partie du curriculum pour tous les élèves. Cependant, presque la totalité des élèves qui ont correctement utilisé les règles de la traversée de la route dans les EPP qui ont participé au Projet ALFA sont des enfants de 9 ans ou plus, ce qui rend probable qu’ils ont bénéficié directement des actions de sensibilisation des animateurs de Lalana. Ces résultats montrent que la formation des enseignants par leurs pairs dans ce domaine n’est pas encore une pratique bien établie.

Le rapport de l’évaluation est disponible en français et anglais dans le site de l’ONG Lalana, pour une lecture plus approfondie des résultats et conclusions.

Conclusion

Lalana a donc retenu que le projet ALFA a eu des impacts positifs et que l’approche utilisée peu quand-même être améliorée pour des activités futures dans le domaine de l’éducation pour la sécurité routière. Cette expérience d’évaluation d’impact a utilisé des méthodologies innovatrices, de bas coût et utilisation facile qui pourront être adaptées aux actions futures, de façon à évaluer plusieurs compétences et comportements des enfants en tant que piétons.

Dans le cadre de cette évaluation, Lalana a eu aussi l’opportunité de conduire une enquête auprès de 1150 élèves des EPP des villes d’Antananarivo, Antsirabe et au long de la RN7, dont les résultats préliminaires sont aussi présentés dans le rapport d’évaluation. Une analyse plus approfondie des résultats de cette enquête sera présentée dans une publication postérieure, qui servira à mieux comprendre les comportements des enfants malagasy en tant que piétons, dans le but d’améliorer les techniques de sensibilisation pour continuer les actions de Lalana dans ce domaine prioritaire pour la santé publique à Madagascar.

Ana Luisa SILVA, membre de l’ONG Lalana et candidate au doctorat en Etudes de Développement à l’Université de Lisbonne, Portugal

 

Midi Madagasikara / Bilan du confinement : 89 accidents de circulation en 4 mois dont 26 morts

http://www.midi-madagasikara.mg/a-la-une/2020/07/29/bilan-du-confinement-89-accidents-de-circulation-en-4-mois-dont-26-morts/

On dirait que la brigade des accidents (BAC) de la police nationale au commissariat central de Tsaralalàna a beaucoup travaillé durant les quatre mois de confinement dans la Capitale. Hier, ce service a publié le bilan de ses interventions depuis le 23 mars jusqu’au 26 juillet. Durant cette période, les statistiques font état de 89 accidents de la circulation (motos, bicyclettes, et tous véhicules confondus). Il a été dénombré que 22 étaient mortels avec 26 morts et 67 accidents corporels. Pour ces derniers, 48 conducteurs, 21 passagers, et 30 piétons ont été blessés. Représentant environ une moyenne de 22 cas par mois, ces chiffres sont impressionnants si l’on se réfère au contexte qui a prévalu durant cette période où l’on a assisté à la restriction de la circulation sur presque tous les axes de la Capitale. Les usagers de routes auraient profité de cette situation pour ne pas respecter le code de la route car, dans la plupart des cas, l’imprudence des conducteurs et le non-respect du code de la route étaient à l’origine de ces drames. Imprudence car les statistiques mettent en évidence l’existence de 27 cas d’accidents causés par la conduite en état d’ivresse et qui ont blessé quatre piétons dont deux ont succombé à leurs blessures, huit chauffards et trois passagers. Le cas de problème technique est également évoqué mais cela ne devrait pas constituer une raison valable car les services de visite technique existant dans la Capitale n’ont pas fermé leurs portes pendant cette période. Les statistiques révèlent également le cas de ces six voitures administratives accidentées. La publication de ce bilan devrait éveiller l’attention des conducteurs, ainsi que celle du grand public.

T.M. – Midi Madagasikara

Midi Madagasikara / Avaradoha : Fuite d’un chauffard après un accident mortel

http://www.midi-madagasikara.mg/faits-divers/2020/03/24/avaradoha-fuite-dun-chauffard-apres-un-accident-mortel/

Le conducteur a fauché mortellement un piéton et ne s’est pas arrêté. Il a pris la fuite et n’a malheureusement laissé aucune trace de son méfait. Dimanche 22 mars dernier vers 20 heures, c’était un corps inanimé et baignant dans une mare de sang qui a été vu par les habitants d’Avaradoha. En voyant le corps du quinquagénaire, le légiste et les policiers ont vite compris qu’il avait été victime d’un accident mortel. Aucune trace pour l’instant de l’auteur mais une enquête a aussitôt été ouverte par la brigade des accidents de la police. Dans la capitale, les délits de fuite deviennent monnaie courante avec le manque d’infrastructures de contrôle. Les rues ne sont pas vidéosurveillées. Dans certains cas, les enquêteurs ont recours aux enregistrements des entreprises situées aux alentours pour essayer de comprendre les faits. Mais les vidéos sont limitées puisque les caméras installées auprès de ces commerces sont destinées surtout à surveiller les locaux et non les rues. Ainsi, à défaut de témoins oculaires, les malfrats en délit de fuite sont difficiles à retrouver. Sur le même chapitre, mais vu sous un autre angle, la période de confinement a réduit en nombre les accidents de circulation. Selon la brigade des accidents, on a enregistré huit cas depuis le 12 mars dernier. Ces cas ont fait un mort et neuf blessés. Un chiffre en baisse selon les statistiques de cette brigade. Le couvre-feu et la présence des forces de sécurité dans toute la ville ont eu des impacts positifs sur la circulation routière.

D.R. – Midi Madagasikara

L’Express de Madagascar / RN2 – Neuf points criminogènes sécurisés

https://lexpress.mg/20/04/2020/rn2-neuf-points-criminogenes-securises/

La sécurisation de la route nationale numéro 2 bat son plein depuis le début du confinement. Depuis près d’un mois, des gendarmes du groupement de la région Antsina­nana sont postés, de jour comme de nuit, dans les points sensibles. « Nous avons identifié neuf points criminogènes où des gendarmes sont déployés. Ces points névralgiques sont situés entre Beforona et Toamasina », lance le colonel Théodule Ranaivoarison, commandant du groupement de la gendarmerie nationale de la région Antsinanana.

La sécurisation de cette partie de la RN2 a été renforcée, dès le début de la mise en vigueur de l’état d’urgence sanitaire et de l’application des mesures de confinement, ainsi que du couvre feu. Les gendarmes mobilisés dans cette opération de sécurisation ne sont pas forcément positionnés dans les agglomérations. D’après les informations recueillies, ils sont déployés dans des points spécifiques où des forfaits répétés ont été relevés. De ce fait, les gendarmes qui surveillent cet axe, relevant de la circonscription de compétence du groupement de la gendarmerie nationale de la région Antsinanana, peuvent être tapis dans des endroits en retrait des villages.

En temps réel

La plupart des points dangereux répertoriés se trouvent dans des tronçons en mauvais état, où les véhicules sont obligés de ralentir. Lors de l’ouverture de la RN2, durant trois jours, trois individus sont tombés dans les mailles des filets tendus par les gendarmes à la hauteur de Brickaville, à quelques encablures de l’agglomération. Les trois malfaiteurs avaient escaladé l’échelle d’une Mercedes Sprinter ralentie par le mauvais état de la route pour balancer des bagages sur la toit du minibus. Traduits devant le Parquet, les trois lascars ont été placés en détention préventive. Les objets volés ont, en revanche, pu être récupérés et ont été aussitôt remis aux propriétaires.

Les éléments qui assurent cette sécurisation de l’axe Beforona Toamasina sont des hommes des postes, ainsi que des brigades desservies par la RN2. Le dispositif permet des interventions en temps réel et en toute heure. Outre l’opération sécurisation, les gendarmes en question contrôlent, également, les autorisations de circulations des personnes, ainsi que des véhicules qui empruntent cet axe. Ils s’assurent de surcroît de faire respecter les consignes mises en place pour parer la propagation du coronavirus. Ainsi, ils vérifient le port de cache-bouche et la distance de un mètre entre les occupants de chaque véhicule.

Andry Manase – L’Express de Madagascar