Madagascar : La route d’Antsiranana fortement dégradée


Les enfants s’improvisent cantonniers pour permettre la circulation sur la RN6 (Photo Raheriniaina)

Ce n’est qu’un des axes routiers au niveau national dont la réhabilitation est urgente. Le développement régional et la circulation des biens et des personnes deviennent des otages.

Les routes se dégradent aussitôt qu’elles ont été construites. Ces derniers temps, l’état de la Route nationale n° 6, reliant la capitale du Nord à Ambilobe et Ambanja ne permet plus aux usagers de circuler aisément, surtout pendant la saison des pluies.

Cette seule voie d’accès aux différents districts s’est fortement dégradée de jour en jour, ces dernières années, et elle est de nouveau criblée de nids-de-poules. La détérioration du tronçon entre Anivorano et Ambiloagôdra, d’une longueur de 30 km, en est une parfaite illustration. En raison du trafic routier dense et du rétrécissement de la chaussée, les voitures ne peuvent plus circuler en double sens, car le bitume a complètement disparu au profit de trous béants, notamment au niveau des villages d’Ankazonkony et d’Andranosavony sur la route d’Ambanja. Pour circuler, les usagers de cette voie « choisissent » leurs trous.

Non seulement la route est parsemée de nids-de-poules, mais elle comporte de nombreux trous béants qui peuvent provoquer des accidents graves, voire mortels, et endommager les véhicules. De fait,les automobi­listes souffrent le martyr de par la dégradation de plus de 60 % de cette partie de la RN6. Souvent, des accidents, dus aux dérapages ou aux glissades, sont enregistrés. « Il y a deux ans, je me souviens que le voyage ne durait pas plus de quatre heures. Maintenant, il me faut une journée entière pour atteindre Ambanja, depuis Antsiranana », a déploré un chauffeur de taxi-brousse qui fait la liaison régulière de ces deux villes.

Bitumée dans le courant des années 1992 (dernière réhabilitation), cette portion de la Nationale 6 est, mise à part son vieillissement, beaucoup sollicitée par des véhicules de gros tonnage qui l’empruntent nuit et jour. Au demeurant, les quelques réhabilitations qui se limitent au rebouchage des nids-de-poules, ont montré leurs limites et appellent désormais à une totale rénovation de cette route vitale pour les échanges entre la partie nord du pays et la capitale, voire le Sud et d’autres régions, en passant par la RN 4.

Colmatage

Excédés par l’indifférence des pouvoirs publics, des enfants, riverains de la RN6 ont pris le problème à bras-le-corps en cherchant de cailloux concassés et de la terre pour boucher des nids-de-poules et autres trous sur la chaussé. Mais d’autres maux d’une autre nature pourraient se produire, car ces enfants seraient tentés de sécher l’école pour l’argent facile en s’improvisant cantonniers.

« Par rapport à ces enfants qui facilitent actuellement la circulation des usagers et des biens, pourquoi les entreprises ne feraient-elles pas œuvre salvatrice ? Quelle notion de citoyenneté, d’environnement se font les responsables de ces entreprises, lesquelles obtiennent depuis des lustres les marchés routiers ? », se demande un notable, victime d’un accident sur la mauvaise partie de la RN6.

Pour sa part, l’Autorité routière de Madagascar, gestionnaire de toutes interventions « points à temps » sur la RN6 a essayé de s’organiser autrement, afin de permettre aux usagers de se déplacer. Elle a procédé au colmatage en bouchant simplement les trous. Mais le remède n’a duré que deux mois au maximum, vu l’ampleur de la détérioration. Le mauvais entretien d’autres structures techniques budgétivores, lesquelles devaient subir des réparations périodiques, n’avait qu’enfoncer le clou.

Face à cet état lamentable de la RN6, les usagers de la route souhaitent que son entretien soit une priorité, en vue de garantir le développement de la région. Et surtout pour éviter qu’elle devienne comme l’axe routier Ambilobe-Vohémar.

« Notre souhait est qu’on entretienne la route. C’est pour préserver les accessoires de nos véhicules. A cause des trous, nous connaissons souvent des crevaisons et des rupture de lames », se plaint un camionneur.

Victime de la crise

Pour rappel, la Route nationale 6, a été concernée par le projet 10e FED (entretien périodique de 60 km), mais faute de financement suspendu, le projet est tombé à l’eau.

De plus, le non versement de la redevance, perçue sur les produits pétroliers, au profit du Fonds d’entretien routier (FER), entraîne le retard de la nouvelle campagne d’entretien. Selon des sources digne de foi, un arriéré de 60 milliards d’ariary reste impayé. S’il n’y a pas de mesures à prendre, le coût de cet entretien s’avérant colossal, il n’est pas difficile à imaginer de ce qui restera des voies secondaires et de proximité.

Raheriniaina

Mardi 24 avril 2012

Source : http://www.lexpressmada.com/diana-madagascar/33966-la-8200-route-d-antsiranana-8200-fortement-8200-degradee.html

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