L’Express de Madagascar du 16 mars 2021 / Travaux publics – Entre espoir et incertitudes

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Un plan de redressement, touchant différents secteurs notamment le secteur des travaux publics, constitue une priorité pour relancer l’économie après la pandémie. Plusieurs projets d’infrastructures sont au menu.

La politique des grands travaux prônée par le président de la République, et qui devrait tenir une place de choix dans le Plan Émergence Madagascar (PEM), offre des perspectives réjouissantes pour les acteurs du secteur des travaux publics. En attendant, plusieurs entreprises tentent de remonter la pente à travers les marchés prévus dans le cadre du plan de relance de l’économie. Mais la conjoncture actuelle ne satisfait pas encore l’ensemble de la profession et certains demeurent dans le doute.

Le 22 juin 2020 au Palais d’État Iavoloha, la remise sur les rails de l’économie était au menu des échanges entre le Chef de l’État et les opérateurs du secteur du BTP. Les grandes lignes du plan de redressement, prévoyant la mise en œuvre de plusieurs projets d’infrastructures à travers le pays, ont été dévoilées à cette occasion. Les domaines de l’éducation, de la santé, des infrastructures de liaison et de l’habitat ont été choisis comme prioritaires.

Un plan qui a aussi motivé l’initiative de décentraliser les appels d’offres pour chaque projet au niveau de chaque région. Tous les appels d’offres et l’octroi des marchés publics concernant la réalisation de ces projets d’infrastructures doivent être transparents, profiter aux différentes régions et districts, et la primeur sera donnée aux entrepreneurs malgaches. En contrepartie, Andry Rajoelina a demandé aux opérateurs de faire preuve de rigueur et de professionnalisme dans l’exécution de leurs activités.

Cette initiative présidentielle a permis effectivement à bon nombre d’entreprises de reprendre leurs activités.

Les ventes commencent à progresser

Cependant, le contexte global n’a pas encore permis au secteur de se relancer complètement. « Les commandes publiques ne sont pas encore suffisamment nombreuses pour faire travailler tout le monde », soutient Hery Ravelarison, entrepreneur basé dans la capitale mais dont les chantiers se réalisent souvent en province.

Un responsable d’un grand magasin de produits de quincaillerie d’Antananarivo constate pour sa part que les ventes de matériaux de construction sont maintenant sur une pente ascendante. À son avis, il a fallu un peu de temps avant que les mesures gouvernementales fassent leurs effets. Et lui d’ajouter que plus de la moitié de ses clients les plus actifs opèrent dans les travaux publics si, il y a encore deux mois, les particuliers étaient largement majoritaires.

Renforcer les capacités

À noter que dans le document intitulé « Plan Multisectoriel d’Urgence », le gouvernement a tenu a souligner que les infrastructures publiques et parapubliques sont le pilier du développement et qu’il est important de mettre en œuvre un programme d’infrastructures ayant comme objectifs de soutenir la résilience économique, de créer, de sauvegarder l’emploi e t de développer le marché pour les PME du secteur BTP. Afin de protéger les investissements, d’une part, et d’accroître la sécurité des infrastructures, d’autre part, les chantiers prévus devront suivre les normes de construction en vigueur.

Aussi, un budget de 1 043 milliards d’ariary a été programmé pour financer les travaux qui portent sur l’entretien, la maintenance et la réhabilitation des ouvrages prioritaires comme le réseau routier urbain, national et les pistes rurales, les voiries urbaines et les infrastructures de traitement des déchets, les forages et systèmes d’adduction d’eau, les aménagements hydroagricoles, les écoles, les centres de santé et les bâtiments administratifs.

Pour Hary Andriatefihasina, à la tête du Syndicat des Entrepreneurs du BTP (Sebtp), la conjoncture demeure compliquée mais il faut aussi savoir se projeter vers l’avenir en investissant notamment dans le capital humain. « Des opportunités existent pour bâtir un environnement plus favorable », a-t-il déclaré. Grâce au financement du FMFP (Fonds Malgache de Formation Professionnelle), les entreprises peuvent bénéficier de dispositifs de financement de qualité.

L’organisation qu’il préside ne cesse ainsi d’en faire écho en soulignant que le renforcement de compétence est la clé du développement. À noter que le Sebtp a reçu plus de 65 000 000 ariary du FMFP pour la mise en œuvre de deux projets de formation afin de renforcer les capacités techniques du personnel des entreprises membres.

L’Express de Madagascar

L’Express de Madagascar du 27/02/2021 / Transport commun – Les personnes à mobilité réduite en difficulté

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Monter dans un véhicule de transport en commun n’est pas chose facile pour les personnes à mobilité réduite. « Je prends, en moyenne, une demi-heure pour monter dans un bus, dans un arrêt. Je peux rester bien plus longtemps, pendant les heures de pointe où les passagers affluent. Les transporteurs partent dès que leurs véhicules sont pleins, vous n’êtes pas leur priorité », regrette Tiana Rakotoson, une personne malvoyante. Ce dernier dépenserait, en moyenne, deux heures par jour, pour attendre un véhicule de transport en commun. « Une vraie perte de temps! », rajoute-t-il.

Monter dans un bus pourrait, par ailleurs, être source d’accident pour des personnes en situation d’handicap. C’est le cas de Solofo Ranaivo, un homme avec un handicap au niveau des pieds, en 2018. Pendant qu’il s’est agrippé au receveur, qui lui a tendu son bras pour l’aider à monter dans le véhicule, le chauffeur a démarré le moteur et le receveur a lâché son bras. Il est tombé violemment sur la chaussée et a failli être fauché par une autre voiture.

Monter dans un véhicule de transport en commun sera facilité pour les personnes à mobilité réduite. La Police nationale, l’Agence de transport terrestre, la commune urbaine d’Antananarivo, des coopératives de transport urbain ont convenu de travailler ensemble pour faciliter l’accessibilité des moyens de transport en commun, pour les personnes en situation de handicap. « Les receveurs vont aider les personnes à mobilité réduite de monter dans le véhicule. Les chauffeurs attendront qu’ils soient bien installés dans le véhicule, avant de monter. Les agents de circulation ne sanctionneront pas les transporteurs qui s’attardent dans les arrêts, en attendant des personnes à mobilité réduite », indique Sendra Rabendrainy, représentante des personnes en situation de handicap.

Les personnes à mobilité réduite vont présenter une carte peinte en rouge aux transporteurs pour signaler leur présence dans l’arrêt. Elles peuvent porter plainte à la commune urbaine d’Antananarivo, si leurs droits de circuler sont bafoués. Ce projet est opérationnel pour les lignes 147, 146, 193, 178, en ce début.

Miangaly Ralitera – L’Express de Madagascar

La Gazette de la Grande Ile du 4 février 2012 / Non respect des gestes barrières par les Taxibe : Où en est l’ATT pour les sanctionner ?

Le relâchement des gestes barrières est de plus en plus fréquent à bord des véhicules de transport en commun. Depuis ces derniers temps, les transporteurs de la zone urbaine minorent le respect des mesures sanitaires imposées par l’Etat pour lutter contre la propagation de la pandémie de Covid-19. Parmi lesdits gestes figurent le port de masque, la distanciation sociale, la présence et l’utilisation du gel désinfectant dans chaque véhicule… Concernant ce dernier point, le Directeur général de l’agence des transports terrestres (ATT), le Général Jeannot Reribake vient de rappeler que tous les véhicules devraient disposer de gel désinfectant, sinon il leur sera interdit de prendre le départ. Il a également affirmé que le non-respect des gestes barrières expose les transporteurs récalcitrants à de lourdes sanctions. Ce qui est tout à fait contraire à la réalité vu que la plupart de ces transporteurs ne s’en soucient même pas. Ils croient que la pandémie de coronavirus a déjà quitté la capitale alors que c’est vraiment absurde. Le virus continue de faire rage dans différentes localités du pays, y compris la ville d’Antananarivo où ces Taxibe font la sourde oreille. A défaut d’un sérieux contrôle, la gabegie est de retour pour certains axes de la capitale, et sur ce, l’application des sanctions ne serait qu’une annonce. Certes des véhicules de transport en commun desservant la capitale ont été mis en fourrière, il y a presque deux semaines, mais les efforts demeurent insuffisants. On aperçoit quand même que l’évolution de la Covid-19 a connu une certaine ampleur selon les rapports hebdomadaires des responsables concernés. On s’interroge alors sur la suite de cette annonce du DG de l’ATT, si cette entité arrivera à renforcer les contrôles de ces transporteurs habitués à la gabegie et au manque de professionnalisme.

Mampionona – La Gazette de la Grande Ile

Combien de ménages des Communes suburbaines vivent de l’agriculture ?

D’après des enquêtes ménages réalisées par l’ONG Lalana en 2020 dans un échantillon de communes suburbaines d’Antananarivo et qui représentent environ 180.000 habitants, on estime que plus de la moitié de la population suburbaine d’Antananarivo vit du métier de l’agriculture. Ces ménages approvisionnent en produits maraichers la Capitale et son agglomération.

Figure : Activités des ménages dans les Communes suburbaines d’Antananarivo1

Comment font ces agriculteurs pour transporter, en toute sécurité contre le Covid-19, ces produits à vendre dans les marchés de l’agglomération de la Capitale ? Devra-t-on les interdire de se déplacer en cas de confinement si un deuxième vague de Covid-19 se déclenche ? Arrivent-ils à subvenir aux besoins de leur vie quotidienne si leurs modes de transport sont arrêtés ?

Photo : Agriculteur en train de charger leurs récoltes pour les transporter aux marchés de la Capitale

Renforcement de la lutte contre la propagation du COVID19 par rapport aux flux d’approvisionnement de la Capitale Antananarivo en produits vivriers de base.

Action initiée par l’ONG Lalana et exécutée dans 10 communes suburbaines d’Antananarivo dans le cadre du Programme FANAINGA – Le Projet est mis en œuvre dans le cadre d’un projet GIZ qui est financé par le gouvernement fédéral et l’Union européenne..

1 : Extrait du Rapport HVT – ONG Lalana “Covid-19 impacts on the peri-urban mobility of women and vulnerable households in Madagascar” qui sera « publié au premier trimestre de l’année 2021.

QUI NOUS APPROVISIONNE EN LEGUMES ?

Renforcement de la lutte contre la propagation du COVID-19 par rapport aux flux d’approvisionnement de la capitale Antananarivo en produits vivriers de base.

Action initiée par l’ONG Lalana et exécutée dans le cadre du Programme FANAINGA.

Les grandes villes dépendent absolument des communes rurales environnantes pour pouvoir se nourrir. Pour le cas de la capitale, ainsi qu’une partie des villes côtières de Madagascar, parmi ces bleds nourriciers figurent dix communes : Fieferana, Manandriana, Ambohimalaza, Masindray dans le District d’Avaradrano ; Andranovelona, Ampangabe, Anosiala, Merimandroso dans le District d’Ambohidratrimo ; Ampanefy et Soalandy dans les District d’Atsimondrano.

Du haricot vert, du  chou, de la choux fleur, diverses brèdes, des plantes aromatiques, du haricot, du brocoli, de la pomme de terre,  du concombre, de la carotte, de la tomate, de l’oignon, de l’ail mais aussi du citron, de l’orange. On aurait envie de tout acheter. Toute une armada de fruits et légumes frais qui mettent tous nos sens en éveil.  Et notre curiosité aussi d’ailleurs : d’où viennent –ils ? Effectivement, ces aliments ont bien voyagé pour être vendus loin des zones de leur production. Qui les produisent ? Quelque part, quelqu’un a bien pensé à  répondre aux attentes des consommateurs, à combiner de nombreuses techniques de production, à protéger leurs récoltes face aux aléas climatiques et aux attaques de ravageurs. Comment sont-ils arrivés là au marché ?  Car le choix du mode de transport dépend de différentes contraintes, telles que son coût ou la distance à parcourir. Mais quel que soit le mode de transport choisi, le parcours de ces aliments  est toujours complexe. Et au bout de la chaine se trouve le consommateur lambda.

Dans les 10 communes rurales  qui ravitaillent la Capitale et quelques grandes villes de Madagascar, on rencontre le plus souvent trois figures de chaine de vente : le producteur vend directement au consommateur soit  au marché soit en colportage ; le déplacement se fait le plus souvent à pied surtout durant la période de confinement. Deuxième cas,  le producteur vend au détaillant qui  ravitaille le consommateur : le producteur se déplace dans les marchés de gros en taxi bé, en charrette, en bicyclette ou à pied ; même mode de transport pour le détaillant qui se rend au marché après. Troisièmement, le producteur vend au grossiste, le détaillant  se ravitaille auprès de ce dernier qui vend après au consommateur. Le grossiste  collecte les productions à certains points de la route établis en concertation avec les producteurs. Citons par exemple le point de collecte entre Masindray et Ambohimalaza qui écoule jusqu’à un conteneur de légumes par jour pour la ville de Toamasina.  Le détaillant se déplace vers les marchés de gros urbains pour acheter aux grossistes.

La bicyclette : le moyen de transport le plus utilisé par les paysans

Des paysans producteurs très vulnérables

A bien des égards, les paysans producteurs malagasy doivent composer avec une palette de risques, bien souvent peu prise en compte dans son intégralité. Rien ne garantit qu’ils vont écouler toutes leurs marchandises. Il arrive qu’ils rentrent bredouilles tard dans le soir après une longue journée de marche sans rien vendre  ou céder  leurs légumes à moindre prix. De plus, le problème de l’insécurité s’est développé à Madagascar, notamment depuis la crise politique de 2009. En effet, les actes de délinquance et de banditisme se sont multipliés dans les campagnes, où il est souvent difficile de porter plainte. Or, personne n’assure la  sécurité physique de ces paysans quand ils partent de chez eux à 1 heure du matin pour nourrir les villes.  Et enfin mais pas le moindre, personne ne se soucie de la santé des agriculteurs. Beaucoup pensent que la campagne forme un milieu plus sain que la ville. Mais le coronavirus peut circuler partout et peut mettre en danger la vie  et les moyens d’existence de tout un chacun. Les paysans producteurs ont un fort taux de mobilité vu le nombre de déplacement qu’ils doivent effectuer tous les jours. Or, aucune mesure spécifique n’a été prise pour protéger les agriculteurs malagasy de cette pandémie jusqu’à maintenant.  Si l’on veut que les chaînes d’approvisionnement alimentaire soient  actives, il est primordial de maintenir cette maladie à distance.

ONG Lalana

Le Projet est mis en œuvre dans le cadre d’un projet GIZ qui est financé par le gouvernement fédéral et l’Union européenne.